HÉROÏSER
verbe transitifA. —ANTIQ.[Correspond à héros I A] Élever (un homme) au rang de héros en reconnaissance des services qu'il a rendus à la patrie. (Ds Littré, Lar. Lang. fr., Lexis 1975).
Remarque : La docum. atteste cet emploi uniquement sous la forme du part. passé à valeur adj. Une stèle : le vieillard est assis, il regarde le mort héroïsé (Barrès, Cahiers, t. 4, 1905, p. 77). À toi, Dionysos (...), toi qui (...) viendras rendre aux mortels héroïsés la grappe que Lesbos détacha longtemps des ceps de Méthymne (France, Révolte anges, 1914, p. 364).
B. —Littér.[Correspond à héros II A]
1. Faire (de quelqu'un) un héros. Ainsi Clemenceau soumis à la pression de la guerre, de la victoire. Sous cette pression des événements, il a été héroïsé (, Cahiers , t. 12, 1920, p. 254).
2.[Le compl. désigne un sentiment, une émotion] Glorifier. Raisonner, justifier, héroïser le mal, en établir le rituel, en démontrer l'excellence, est-ce pas pis que le commettre? (, Vice supr., 1884, p. 169).
Remarques
1.hapax,synon. Ceux qu'on a connus et qu'on a aimés, et qui sont héroïcisés, perfectionnés par la mort, fixés dans l'attitude de leur meilleure minute (, Cahiers , t. 6, 1907, p. 26).
Héroïciser
verbe transitif2.
Héroïsation
substantif féminina)ANTIQ. Action d'héroïser quelqu'un, apothéose d'un héros. (Ds Lar. Lang. fr., Lexis 1975).
b)Littér. Action de conférer un caractère héroïque à (quelque chose). La Recherche du Temps perdu (...), cette héroïsation paradoxale du snobisme (, Hist. litt. fr., 1936, p. 534).
Prononciation
[eʀɔize], (il) héroïse [eʀɔi:z].
Étymologie et histoire
1554 heroizer « diviniser » (Le Caron, La Claire, 184b ds Z. rom. Philol. t. 28, p. 723); av. 1599 se heroizer « se rendre héroïque » (L. Papon, La Constance — Suppl., p. 17 — ds Hug.); à nouv. ca 1840 héroïser « donner à un personnage le caractère de héros » (P. Leroux, J. Reynaud, Encyclop. nouvelle, t. 7, p. 422b, s.v. pélasges). Dér. de héros*; suff. -iser*.
Statistiques
Fréq. abs. littér. : 13.
Bibliographie
Quem. DDL t. 7 (s.v. héroïsation).