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Définition du Trésor de la Langue Française (1960-1990)

HAÏSSABLE

adjectif
Qui mérite de la haine. Synon. détestable, exécrable, insupportable; anton. adorable, aimable.
— [En parlant d'une pers.] Un individu haïssable :
1. Il se sentit entouré de la vraie bêtise humaine, celle qui colle, qui pèse aux épaules : les êtres qui le regardaient étaient les plus haïssables crétins de la terre. (Malraux, Cond. hum., 1933, p. 339)
• [P. allus. à « Le moi est haïssable » Pascal, Pensées, VII, 455, Ed. Brunschvicg] En parlant de soi-même à la troisième personne, Justin Weill a dû vouloir éviter les redoutables servitudes qui s'attachent au moi haïssable (Duhamel, Nuit St-Jean, 1935, p. 9).
— [En parlant d'un inanimé abstr.] Ces méditations d'une sentimentalité de séminaire où Marie est nommée « pauvre mère » sont haïssables au-delà de toute expression (Bloy, Journal, 1902, p. 115). Et cependant tout n'est point haïssable dans cette musique complaisante (Dumesnil, Hist. théâtre lyr., 1953, p. 122) :
2. Mais ce dévouement doit avoir une limite, car, ce qu'il y a de pis au monde, c'est d'oublier que le vice est haïssable en lui-même et de se mettre à aimer le vice. (Sand, Lélia, 1839, p. 514)
Prononciation et orthographe
[aisabI̥] init. asp. Att. ds Ac. dep. 1694.
Étymologie et histoire
1. xiiie s. [ms.] haable « qui mérite d'être haï » (Bible, B.N. fr. 901, f° 30a ds Gdf.);
2. 1569 haïssable (Montaigne, Trad. de la théol. de Raym. de Sebonde, f° 272 r° ds Gdf. Compl.). 1 dér. de l'ancien verbe häir (v. haïr), 2 dér. du part. prés. de haïr*; suff. -able*.
Statistiques
Fréq. abs. littér. : 142.