Logo Portail
Définition du Trésor de la Langue Française (1960-1990)

GÉOMÉTRISER

verbe transitif
B.-A. Rendre géométrique. Les initiateurs de la sculpture cubiste, Duchamp-Villon, Nadelman, Archipenko, Lipchitz, Henri Laurens, opèrent avec des formes primaires. Ils géométrisent les formes de la nature (...). Leurs figures, faites de plans contrastés, sont taillées en facettes de diamant (Arts et litt., 1936, p. 1804). Dans la Vierge du musée d'Anvers, il [Fouquet] épure et géométrise le relief de chaque partie (...). D'une tête, d'un sein, il dégage la sphère; d'un bras, le cylindre (Huyghe, Dialog. avec visible, 1955, p. 175).
Remarques
1.

Géométrisant, ante,

participe présent adjectif
Qui rend géométrique. Idée d'une géométrie sans espace. La nature et nous animés de la même force géométrisante (Claudel, Art. poét., 1907, p. 149). Il se trouve (...) que les premiers corps cristallisés qui attirent l'attention des observateurs (...) ont une forme hexagonale : cela conduit le savant (...) à admettre l'existence d'un « principe géométrisant » qui imposerait sa figuration à tous les cristaux (Metzger, Genèse sc. cristaux, 1918, p. 130).
2.

Géométrisé, ée,

participe passé adjectif
Qui a été rendu géométrique. Cet art [la tapisserie], qui est soumis aux lois tyranniques (...) du dessin ornemental, c'est-à-dire synthétique et géométrisé (Lhote, Peint. d'abord, 1942, p. 78). Chirico (...) estime (...) que cette pure plastique des objets géométrisés exprime et libère (...) les démons dont parle Héraclite d'Éphèse. Il affirme (...) que les lois éternelles du dessin géométrique sont la base de toute grande beauté et de toute profonde mélancolie (Cassou, Arts plast. contemp., 1960, p. 466).
Prononciation
[ʒeɔmetʀize], (il) géométrise [ʒeɔmetʀi:z].
Étymologie et histoire
Av. 1593 part. passé (Amyot, Propos de table, VIII, 2 ds Hug.); 1749 (Diderot, Lettre sur les aveugles, p. 20). Dér. de géométrie*; suff. -iser*.
Dérivés

Géométrisation

substantif féminin
B.-A. Action de rendre géométrique. Cassandre, Carlu — marqués tous deux par le cubisme et sa géométrisation des formes (Arts et litt., 1936, p. 1404). La peinture (...) s'accommode fort bien d'une représentation architecturale du visage (...) ou d'une délinéation incisive et pleine de raccourcis qui seraient caricaturaux si la géométrisation des signes expressifs et l'infinie délicatesse des rapports de tons ne les douaient d'une grande dignité (Lhote, Peint. d'abord, 1942, p. 123). — [ʒeɔmetʀizasjɔ̃ ]. — 1re attest. 1932 (Cartan, Parallélisme abs., p. 4); de géométriser, suff. -(a)tion*.
Bibliographie
— Barb. Infl. 1923, p. 13. - Gohin 1903, p. 235 (s.v. géométrisant), 280. - Schmidt (H.). Fr. vivant. Praxis. 1970, t. 17, p. 73 (s.v. géométrisation).