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Définition du Trésor de la Langue Française (1960-1990)

GUIVRE

substantif féminin
A. — Serpent fantastique préposé, selon certains contes, à la garde d'un trésor. Changer qqn en guivre. Là les véritables dragons, les guivres qui ont existé, les hydres (Valéry, Variété , [I], 1924, p. 89).
B. —HÉRALD. Guivre (...) se dit d'un serpent semblant dévorer un homme (L'Hist. et ses méth., 1961, p. 761).
C. —PEINT. Figuration de ce serpent fantastique. Le vieux salon du doyen (...) au plafond historié de rocailles et de guivres (Nerval, Chât. Bohème, 1853, p. 5).
Remarques

Guivré, -ée,

adjectif
hérald. « Orné de guivres » (Littré ; dict. xixe et xxe s.)
Prononciation et orthographe
[gi:vʀ̥]. Att. ds Ac. 1878 et 1932. Ac. 1878 renvoie à givre, var. attestée aussi ds Littré, Lar. 19e -20e ; vouivre ds Lar. encyclop. et Quillet 1965; wivre ds Quillet 1965.
Étymologie et histoire
1. Ca 1100 « vipère, serpent » (Roland, éd. J. Bédier, 2543 : serpenz e guivres, dragun e averser) surtout en a. et m. fr.; v. aussi vouivre;
2. mil. xiiie s. [copie du xviie s.] (Le rôle d'armes Bigot, 205 ds Braust, p. 287 : a une vuivre... de travers el Kief); 1581 hérald. guivre (Bara, Le Blason des Armoiries, Lyon, p. 220);
3. 1853 peint. (Nerval, loc. cit.). Du lat. class. vipera « vipère » altéré en *wipera sous l'infl. de nombreux mots germ. en w- (v. aussi guipe), cf. l'a. h. all. wipera, lui-même empr. au lat. vipera.
Statistiques
Fréq. abs. littér. : 29.
Bibliographie
Keller (H.). Einige afr. Bezeichnungen für Lanze und Speer. Z. rom. Philol. 1967, t. 83, pp. 268-279. - Thomas (A.) Nouv. Essais 1904, pp. 302-303. - Vising (J.). Deux étymol. fr. Göteborg, 1910.