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Définition du Trésor de la Langue Française (1960-1990)

GRIFFU, -UE,

adjectif
A. —[En parlant (de pattes) d'un animal] Qui porte des griffes. Le vautour, l'aigle, tous les brigands griffus, crochus, altérés de sang chaud (Michelet, Oiseau, 1856, p. 143). Kiki-la-Doucette (...) ouvre toute grande (...) une patte griffue, tachée en dessous de rose et de noir comme une fleur épineuse (Colette, Dialog. bêtes, 1905, p. 74).
— P. anal.[En parlant d'une plante] Qui porte des piquants. Synon. hérissé. Ces rosiers griffus, aux fruits rouges quasi pourris (Pourrat, Gaspard, 1931, p. 57).
B. —[En parlant de (mains d'une) pers.] Qui porte des ongles semblables à des griffes par leur forme. Un affreux grand gaillard, à cheveux crépus, à mains griffues (Mme V. Hugo, Hugo, 1863, p. 122). S'étant pris la langue entre les dents, il s'était lui-même mordu (...) pendant que ses doigts difformes et griffus s'enfonçaient à même la gorge neigeuse du carrier, dont aussi le sang vermeil coula (Cladel, Ompdrailles, 1879, p. 28).
— Au fig. Cruel, agressif. Pour moi qui trouvais toujours Raoul trop pugnace, trop griffu, et qui aurais voulu le rendre plus caressant sous les caresses, obtenir ce sourire, c'était aussi, à la rigueur, une victoire (abellio, Pacifiques, 1946, p. 38).
Prononciation et orthographe
[gʀify]. Ds Ac. 1932.
Étymologie et histoire
1. 1555 grifu « armé de griffes » (Ronsard, Meslanges, 6 ds Œuvres complètes, éd. P. Laumonier, t. 6, p. 225);
2.
a) 1846 fig. main griffue de la volupté (Balzac, Cous. Bette, p. 325);
b) 1863 main griffue (Mme V. Hugo, loc. cit.). Dér. de griffe1 *; suff. -u*.
Statistiques
Fréq. abs. littér. : 19.
Bibliographie
Delb. Matér. 1880, p. 159.