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Définition du Trésor de la Langue Française (1960-1990)

GRATTE-CUL

substantif masculin
Fam. Fruit de l'églantier, petite baie oblongue d'un rouge vif qui contient une bourre piquante (poil à gratter). Synon. didact. cynor(r)hodon. Gratte-culs gelés; confiture de gratte-culs. Aux champs. D'un rouge sombre, pleins de jus piquant, les gratte-cul attendris par l'automne (Renard, Journal, 1902, p. 717). Mange, voilà des gratte-culs... Oh! serin! comment peux-tu ne pas raffoler de ce goût cuit et allègre! Je t'assure, ce sont des confitures pas greffées (Colette, Dialog. bêtes, 1905, p. 108) :
Dans les haies sans feuilles, il y a les fruits de l'églantier que la gelée des nuits a touchés et qui sont mous et doux. La petite Madeleine a dit à Arsule qu'à Mane on appelait ça des « gratte-cul ». (Giono, Regain, 1930, p. 229)
— Loc. proverbiale. Il n'est si belle rose qui ne devienne gratte-cul. Il n'est si belle femme qui ne devienne laide en vieillissant. Il n'est point de rose qui ne devienne gratte-cul. Il n'est point de nymphe qui ne devienne sorcière (A. France, Puits ste Claire, 1895, p. 40).
• [P. réf. à ce proverbe] Parents qui (...) ne marient pas leur fille (...) attendent qu'elle devienne gratte-cul, et ne puisse plus prétendre autant (Montherl., J. filles, 1936, p. 955).
Prononciation et orthographe
[gʀatky]. Ds Ac. dep. 1694. Au plur. des gratte-culs. Cf. cul et gratter.
Étymologie et histoire
1530 « fruit de l'églantier » (Palsgr., s.v. heppe berry of eglantyne). Composé de la forme verbale gratte (gratter*) et de cul*. Ce mot synon. de poil à gratter* vient de la plaisanterie qui consiste à mettre la bourre piquante de ce fruit dans le lit afin de provoquer une démangeaison qui incite longtemps à se gratter.
Statistiques
Fréq. abs. littér. : 10.
Bibliographie
Delb. Matér. 1880, pp. 157-158.