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Définition du Trésor de la Langue Française (1960-1990)

GRAILLER1

verbe intransitif
[Le suj. désigne la corneille, le corbeau] Crier, croasser.
— P. anal. Parler d'une voix rauque ou enrouée. De la bouillie, de la marmelade de sang, précisa une basse-taille vindicative, et qui graillait; treize morts, deux douzaines d'amochés, ébouillantés, noyés (Arnoux, Rhône, 1944, p. 125).
Remarques
1.

Graillant, -ante,

adjectif
rare. Rauque et enroué. Je ne sais quel air empoisonné venait me fouetter, me picoter la face, des petits animalcules me couraient sur la peau dans les endroits les plus chatouilleux, ils étaient spiriformes et velus comme la trompe des papillons et avaient des détentes brusques, éraillées, graillantes. Il est midi. Le soleil verse de l'huile bouillante dans l'oreille du démiurge endormi (Cendrars, Moravagine, 1926, p. 84).
2.

Graille

substantif féminin
région. Corneille. Louis XV, dans l'intimité baptisait du nom de graille la troisième de ses filles (Nouv. Lar. ill.-Lar. encyclop.; cf. Fén. 1970; dict. xixe et xxe s. excepté, Ac.).
Prononciation
[gʀɑje], (il) graille [gʀɑ:j].
Étymologie et histoire
1. 1552 « crier comme le corbeau » (Ch. Estienne, Dict. Latinogallicum);
2. 1611 « parler d'une voix rauque » (Cotgr.). 3416 ds Rom. Forsch. 32, p. 72). Dér. de graille*; dés. -er.
Dérivés

Graillement

substantif masculin
« Son émis par une voix rauque ou enrouée » (Ac.; dict. xixe et xxe s.). Elle [la chanteuse] accompagnait le graillement de son gosier avec quatre gestes (Huysmans, Sœurs Vatard, 1879, p. 138). — [gʀɑjmɑ̃]. Ds Ac. 1798-1932. — 1res attest. 1552 « la voix du corbeau » (Est.), 1671 « son de voix rauque » (Pomey); du rad. de grailler1, suff. -(e)ment1 *.