GRÉER
verbe transitif... dès qu'il ouvrait la bouche, le charme opérait. Gomboust m'enseignait à gréer un bateau, à lancer un cerf-volant, à construire une fontaine de Héron... (, Pt Pierre, 1918, p. 153)
• P. ext. Disposer la mâture d'une certaine façon. Il était gréé en goëlette (, Travaill. mer, 1866, p. 218). Certains paquebots (...) comme « La Bourgogne » de la Compagnie Générale Transatlantique, étaient gréés en 4 mâts (, Transp. mar., 1961, p. 86).
En partic. Gréer des cacatois, un mat, des perroquets, une vergue. Nous devons le rencontrer en courant la même bordée; faites (...) gréer les bonnettes (, Atar Gull, 1831, p. 20). Pencroff avait gréé sa voile de flèche et, ayant tout dessus, il marchait suivant une direction rectiligne, relevée à la boussole (, Île myst., 1874, p. 338).
P. métaph. Le marquis s'était assis à son tour et gréait son lorgnon (...) pour mieux voir son ami s'emporter (, Roi d'Écosse, 1941, p. 122).
Remarques
Gréeur
substantif masculinPrononciation et orthographe
[gʀee], (il) grée [gʀe]. Ds Ac. 1798-1932.
Étymologie et histoire
1. Ca 1170 agreier « équiper, mettre en état » (Rois, éd. E. R. Curtius, p. 16, 13);
2.
a) ca 1180 agreier « pourvoir un navire de ses accessoires » (G. de Berneville, Gilles, éd. G. Paris et A. Bos, 929);
b) 1636 grayer « abattre le mât » (Vie des saints de Bretagne, Paul, 6 ds Fr. mod. t. 16, p. 300);
c) 1666 gréer un mât « pourvoir de ses accessoires » (Colbert, Lettres, instructions et mémoires, éd. P. Clément, t. 3, 1, p. 41);
d) 1797 « munir un vaisseau de tous les accessoires nécessaires à sa propulsion... » (C. M. Gattel, Nouv. dict. lang. fr.). Mot venu de l'Ouest, où il a développé les sens plus généraux de « mettre en état » et de « pourvoir de vêtements » (FEW t. 16, p. 55), empr. de l'a. nord. greida « équiper, arranger » (De Vries Anord.), cf. m. néerl. gereiden « id. », m. h. all. gereiden « id »; le préf. a- (1 et 2a) s'explique sans doute par l'infl. de verbes fr. tels que abiller « préparer, apprêter » (v. habiller). Agréer, ainsi que les autres mots mar. de cette famille à l'exception d'agrès*, ont été remplacés par une forme simple sans doute pour éviter l'homon. avec agréer* « trouver à son gré ».
2.
a) ca 1180 agreier « pourvoir un navire de ses accessoires » (G. de Berneville, Gilles, éd. G. Paris et A. Bos, 929);
b) 1636 grayer « abattre le mât » (Vie des saints de Bretagne, Paul, 6 ds Fr. mod. t. 16, p. 300);
c) 1666 gréer un mât « pourvoir de ses accessoires » (Colbert, Lettres, instructions et mémoires, éd. P. Clément, t. 3, 1, p. 41);
d) 1797 « munir un vaisseau de tous les accessoires nécessaires à sa propulsion... » (C. M. Gattel, Nouv. dict. lang. fr.). Mot venu de l'Ouest, où il a développé les sens plus généraux de « mettre en état » et de « pourvoir de vêtements » (FEW t. 16, p. 55), empr. de l'a. nord. greida « équiper, arranger » (De Vries Anord.), cf. m. néerl. gereiden « id. », m. h. all. gereiden « id »; le préf. a- (1 et 2a) s'explique sans doute par l'infl. de verbes fr. tels que abiller « préparer, apprêter » (v. habiller). Agréer, ainsi que les autres mots mar. de cette famille à l'exception d'agrès*, ont été remplacés par une forme simple sans doute pour éviter l'homon. avec agréer* « trouver à son gré ».
Statistiques
Fréq. abs. littér. : 65.