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Définition du Trésor de la Langue Française (1960-1990)

GOULÉE

substantif féminin
Fam. Bouchée ou, le plus souvent, gorgée avalée avec avidité. Manger, boire qqc. à grosses goulées; n'en faire qu'une goulée. Il n'avait l'air que d'un lourdaud d'Allemand, qui s'empiffrait de mangeaille, attentif seulement à ne pas perdre une goulée (Rolland, J.-Chr. , Foire, 1908, p. 676). Tiens, eh bien je buverais de bon cœur une goulée de marc (Martin du G., Testam. P. Leleu, 1920, I p. 1141).
• Proverbe. Brebis qui bêle perd sa goulée (cf. bêler I B).
— P. anal. Prendre, aspirer, respirer une goulée d'air. Respirer profondément. Il a avalé encore deux ou trois goulées d'air puis il est parti sur son chemin de printemps (Giono, Regain, 1930, p. 114) :
Il s'était évadé d'un seul coup. Il respirait dehors, à longues goulées, un air si abondant et vif qu'il en suffoquait un peu : l'air lui entrait au plus profond de l'être, coulait avec son sang, baignait chacune de ses fibres. (Genevoix, Raboliot, 1925, p. 62)
• En partic. Aspirer, tirer une goulée (d'une pipe, d'une cigarette). Aspirer la fumée (d'une pipe, d'une cigarette). Le plus vénérable avait bourré une pipe en terre et on pétunait à la ronde, chacun tirant une goulée à son tour (Arnoux, Rossignol napol., 1937, p. 139). Il roulait, aspirait ses pipes [d'opium] d'une goulée, après les avoir d'un coup sec clouées sur le fourneau (Carco, Montmartre, 1938, p. 262).
Prononciation et orthographe
[gule]. Ds Ac. dep. 1694.
Étymologie et histoire
1176 golee « bouchée (ici fig.) » (Chr. de Troyes, Cligés, éd. A. Micha, 5724). Dér. de gole, goule, anc. forme de gueule*; suff. -ée*.
Statistiques
Fréq. abs. littér. : 25.
Bibliographie
Chautard (É.). La Vie étrange de l'arg. Paris, 1931, p. 647.