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Définition du Trésor de la Langue Française (1960-1990)

GLAPIR

verbe intransitif
A. —[Le suj. désigne un animal (renard, chiot, etc.)] Pousser un cri bref et aigu; émettre des jappements précipités. Un renard aux longs poils glapit au coin du feu (Bouilhet, Melaenis, 1857, p. 11).
B. —P. anal.
1.[Le suj. désigne une pers.] Chanter, crier d'une voix aiguë et désagréable. Cette femme ne fait que glapir (Ac.). Sa protectrice s'était déjà sauvée en entendant la voix de sa maîtresse, qui derechef glapissait dans les rochers (Balzac, Peau chagr., 1831, p. 270) :
1. ... on entendit les voix des trois femmes (...). Ce devait être la Toupe qui s'oubliait, qui glapissait, dans son continuel besoin de s'emporter et de mordre. (Zola, Travail , t. 1, 1901, p. 243)
— Emploi trans. Glapir des injures. La malheureuse cantatrice continue, en roulant les yeux, à glapir la romance (Berlioz, Souv. voy., 1869, p. 209). Nous glapissions des insultes, heureuses si cette exhibition surprenait un instant le public (Beauvoir, Mém. j. fille, 1958, p. 270).
2.[Le suj. désigne une chose] Faire entendre des sons aigres et forts, des bruits aigus. Des marmites qui gloussent, des fritures qui glapissent (Hugo, Rhin, 1842, p. 30).
— Emploi trans. Tandis que le grand vent glapit des noms de mortes (Bachelard, Poét. espace, 1957, p. 165).
Remarques
1.

Glapi, -ie,

participe passé adjectif
Prononcé d'une voix aiguë et désagréable. Il [C. Mendès] était généralement flanqué de Courteline tenant des propos absurdes et glapis (L. Daudet, Qd vivait mon père, 1940, p. 81).
2.

Glapis

substantif masculin
Aboi du renard. On entendait (...) la voix du ruisseau, la voix du cyprès et, une fois, quelque chose qu'on aurait dit être le glapis du renard si on n'avait pas été si tôt d'époque (Giono, Regain, 1930, p. 57).
Prononciation et orthographe
[glapi:ʀ], (il) glapit [glapi]. Ds Ac. 1694-1932.
Étymologie et histoire
Ca 1210 (Folque de Candie, 3110 ds T.-L. :... les compaignes des Sarrazins glapir). Altération, peut-être d'apr. japper*, du verbe a. fr. glatir « aboyer, glapir » (ca 1100, Roland, éd. J. Bédier, 3527 : Cil d'Ociant i braient e henissent, Arguille [contrée sarrasine] si cume chen i glatissent), du lat. glattire « japper », d'orig. onomatopéique.
Statistiques
Fréq. abs. littér. : 169.
Bibliographie
Brosman (P.W., jr.). Fr. and cat. glapir. Romance Notes. 1964, t. 6, pp. 82-85. - Sain. Sources t. 1 1972 [1925], p. 427; t. 2 1972 [1925], p. 22, 28.