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Définition du Trésor de la Langue Française (1960-1990)

GAZONNER

verbe
A. —Emploi trans. Couvrir, revêtir de gazon :
Le lendemain matin, Gondrin, Goguelat, Butifer, le garde champêtre et plusieurs personnes se sont mis à travailler pour élever sur la place où gît M. Benassis une espèce de pyramide en terre, haute de vingt pieds, que l'on gazonne, et à laquelle tout le monde s'emploie. (Balzac, Méd. camp., 1833, p. 270)
• Emploi abs. Je vois des jardiniers gazonner tranquillement, à côté d'ouvriers reposant des grillages avec la quiétude des printemps passés (Goncourt, Journal, 1871, p. 756).
• Emploi pronom. Le chemin abandonné montait toujours à travers les arbres, seulement son gravier s'était gazonné comme une pelouse (Arène, J. des Figues, 1870, p. 28).
— Au fig., pop. et fam. Couvrir de cheveux, de poils. Un crâne carré, taillé dans un pavé, et que gazonnait à ras de chair une brosse à demi vénérable déjà (Courteline, Train 8 h 47, 1888, X 2e part. p. 206). Un poil nombreux lui gazonnait les oreilles (Boylesve, Leçon d'amour, 1902, p. 241).
B. —Emploi intrans.
1. Pousser en gazon. L'herbe gazonne (Ac.). L'épithète d'Alpine appliquée aux végétaux, donne aussi à entendre que ceux-ci, de petites dimensions, tendent plutôt à gazonner ou à ramper qu'à s'élever (Carrière, Encyclop. hortic., 1862, p. 16).
2. « Se couvrir de gazon » (Ac.). « La pelouse gazonne  » (Ac.).
Remarques
1.

Gazonnant, -ante,

participe présent adjectif
[En parlant d'une plante] Qui ne pousse pas en hauteur, qui rampe. Une espèce gazonnante; plantes gazonnantes (Ac.). Des touffes gazonnantes de zoanthaires (Verne, Vingt mille lieues , t. 1, 1870, p. 166).
2.

Gazonné, -ée,

participe passé adjectif
Qui est couvert de gazon. Chemin, talus gazonné; pente gazonnée. Un banc de terre gazonnée, que la fraîcheur du feuillage entretenait verdoyant (Pesquidoux, Livre raison, 1928, p. 130).
Prononciation et orthographe
[gɑzɔne], (il) gazonne [gɑzɔn]. Mais [a] ds Lar. Lang. fr. et à titre de var. ds Warn. 1968. Ds Ac. dep. 1694.
Étymologie et histoire
A. Trans.
1. 1295 wassonner « lever des mottes de terre » (Cart. de Choisy-au-Bac, A.N. LL 1023, f° 43 v° ds Gdf. Compl.);
2. 1328 gazonner « recouvrir de mottes de terre revêtues d'herbe » (Compte d'Oudart de Lagny, A.N. KK 3a , f° 40 v° , ibid.).
B. Intrans.
1. 1862 gazonner « pousser en gazon » (Carrière, loc. cit.);
2. 1874 « se couvrir de gazon » (Journal offic., 18 déc. 1874, p. 8379, 3e col., ds Littré Suppl.) Dér. de gazon*; dés. -er.
Dérivés
1.

Gazonnement

substantif masculin
« Action de gazonner » (Ac.). La conservation et l'entretien des travaux de desséchement nécessitent des (...) fauchages, sarclages, gazonnements, ensemencements, plantations (Un Million de faits Paris Dubochet, 1842, col. 658). P. méton. Espace recouvert de gazon. À partir d'une certaine distance du thalweg on peut substituer aux perrés des gazonnements (Bricka, Cours ch. de fer , t. 1, 1894, p. 152). — [gɑzɔnmɑ̃].Mais [a] ds Lar. Lang. fr. cf. gazon. Ds Ac. dep. 1762 — 1re attest. 1701 « action de gazonner, emploi qu'on fait des gazons pour quelque ouvrage » (Fur.); de gazonner, suff. -ment1 *.
2.

Gazonneux, -euse,

adjectif
Qui est couvert d'herbe courte et fine. Courant à l'aise sur les pentes gazonneuses, j'arrivai à Chamounix avant la pluie (Sand, Hist. vie , t. 4, 1855, p. 195). J'étais moi, tout à fait vautré au fond du remblai gazonneux (Céline, Mort à crédit, 1936, p. 379). — [gɑzɔnø] fém. [-ø:z]. Mais [gaz-] ds Lar. Lang. fr. — 1re attest. 1611 glasonneux « couvert de mottes de gazon » (Cotgr.); 1791 gazonneux « couvert de gazon ou d'une végétation analogue » (Valm. t. 6, p. 56); de gazon, suff. -eux*, -euse*.