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Définition du Trésor de la Langue Française (1960-1990)

FORLIGNER

verbe intransitif
S'écarter de la voie droite suivie par ses ancêtres; commettre une action considérée comme indigne d'un descendant d'ancêtres honorables. Des héraults (...) crient au chevalier : « Souviens-toi de qui tu es fils, et ne forligne pas! » (Chateaubr., Génie, t. 2, 1803, p. 493). Les nobles d'autrefois croyaient forligner en s'occupant de littérature (Renan, Avenir sc., 1890, p. 417).
— Spéc. et fam.[En parlant d'une femme] Manquer à la vertu. Elle a forligné (Ac., 1798-1932).
Remarque : Ds la docum. un emploi trans. indir. forligner à. Or, comme le dit le Livre, nous savons que tout l'homme dans le premier homme a forligné à son principe (Claudel, Ville, 1901, III, p. 484).
Prononciation et orthographe
[fɔʀliɳe], (il) forligne [fɔʀliɳ].
Étymologie et histoire
1121-34 « sortir de la ligne directe de descendance » (Ph. de Thaon, Bestiaire, 2138 ds T.-L.). Composé de fors* et de ligne*; dés. -er.
Statistiques
Fréq. abs. littér. : 5.
Dérivés

Forlignement

forlignage

substantif masculin
Action de forligner. Il fallut qu'elle [Jeanne d'Arc] vît partout ce forlignage Dégénérer la race où nous nous alignons (Péguy, Tapisserie Ste Geneviève et J. d'Arc, 1913, p. 120). La plupart des dict. gén. du xixe s. ainsi que Lar. 20e attestent forlignement ; seul Quillet 1965 atteste forlignement ou forlignage. — [fɔʀliɳmɑ̃], [fɔʀliɳa:ʒ]. Aucune transcr. ds les dict. — 1res attest. a) 1581 forlignement (Montaigne, Trad. de R. Sebon, ch. 225 ds Hug.), b) 1913 forlignage (Péguy, loc. cit.); du rad. de forligner, a suff. -(e)ment1 *, b suff. -age*.