EXAGÉRÉ, ÉE,
participe passé et adjectifI. —Part. passé de exagérer*.
II. —Emploi adj. Qui présente un aspect excessif (v. ce mot B 1). (Quasi-)synon. extrême, outrancier, outré. Car enfin, parmi ces derniers il n'en est aucun à qui l'impôt, quelque exagéré qu'il soit, ravisse la totalité de son revenu (, Écon. pol., 1832, p. 555). Les attitudes et les gestes de la fille me paraissaient aussi exagérés, aussi faux que ceux de la mère (, Isabelle, 1911, p. 656) :
... l'histoire touchante des petites filles abandonnées ou perdues dont la vie est condensée sur l'écran en douze minutes de misère atroce et trois minutes de réparation et d'apothéose dans un salon d'un luxe exagéré... (, M. Chapdelaine, 1916, p. 178)
— [En constr. impers.] Il est exagéré de + inf., c'est exagéré (de + inf.). Il est excessif de. Vous tombez, chère Athéna, dans un moment de l'entretien qu'il n'est pas exagéré de dire pathétique (, Cécile, 1938, p. 49).
— Emploi subst. masc. Personne qui a des idées, un comportement extrême, excessif. À 5 h le dépouillement terminé a donné pour résultat trois majorités : MM. Maine de Biran, Verneilh et Laval. La force du parti constitutionnel a été ainsi prouvée; les exagérés ont été abattus (, Journal, 1817, p. 63). Dénoncé aux Jacobins comme un exagéré, ce jeune soldat pouvait la compromettre et la perdre [la citoyenne Rochemaure] (, Dieux ont soif, 1912, p. 146).
Remarque : Ce mot était un terme pol. employé à l'époque de la Révolution.
• Subst. masc. à valeur de neutre. Ce qui est exagéré, excessif (dans quelque chose). Hugo, dans l'expression, rencontre souvent ce qui est bien, ce qui est lumineux et éclatant, mais il part de là pour redoubler et pour pousser à l'exagéré, à l'éblouissant, à l'étonnant (, Poisons, 1869, p. 36).
Statistiques
Fréq. abs. littér. : 1 064. Fréq. rel. littér. : xixe s. : a) 1 769, b) 1 563; xxe s. : a) 1 759, b) 1 118.
Dérivés
Exagérément
adverbeBibliographie
Gohin 1903, p. 302. — Jourjon (A.). Rem. lexicogr. R. de Philol. fr. 1915-16, t. 29, p. 147. — Quem. DDL t. 11. — Rigaud (A.). Dialogue sur une patinoire. Vie Lang. 1968, pp. 653-657.