ESCARPEMENT
substantif masculinA. — État de ce qui est escarpé, déclivité. L'escarpement des rivages (, Voyage, t. 1, 1801, p. 256). Dans toutes les positions que l'escarpement du chemin l'obligeait à prendre (, Méd. camp., 1833, p. 135) :
1. Elle a vu venir à elle l'escarpement de la pente tombant vers la rivière sous une couche de nuit plus noire, qui était la lisière de la forêt... (, Gde peur mont., 1926, p. 159)
B. — Pente raide, abrupte.
1.[Dans un relief] L'escarpement boisé d'un côté de la route (, Journal, 1934, p. 314). Nous garâmes les voitures au pied de l'escarpement et nous commençâmes l'escalade (, Beau tén., 1945, p. 74) :
2. Le Gardon passe sous le pont du Gard (...) On arrive à l'aqueduc proprement dit, supporté par trois arcades, en gravissant l'escarpement qui borde la rive droite du Gardon. (, Mém. touriste, t. 2, 1838, p. 150)
2.[Dans une fortification] Escarpement d'un talus, de la muraille d'un rempart. Faire l'escarpement d'un fossé (Ac., 1798-1878). Les escarpements [des enceintes supprimées au XVIIIe siècle] furent utilisés pour établir de pittoresques terrasses (, Hist. art Fr., 1914, p. 293) :
3. Ils étaient au haut d'une muraille, et ils foudroyaient à bout portant les soldats trébuchant dans les morts et les blessés et empêtrés dans l'escarpement [d'une barricade]. (, Misér., t. 2, 1862, p. 492)
C. —P. métaph. et au fig.[En parlant d'une pers.] Sévérité, dureté. Il n'avait aucun des escarpements du rigorisme (, Misér., t. 1, 1862, p. 21). Ces compromis, (...) augmentaient son escarpement intérieur (, Travaill. mer, 1866, p. 120).
Prononciation et orthographe
[εskaʀpəmɑ̃]. Ds Ac. dep. 1798.
Étymologie et histoire
1701 fortif. « pente raide d'un terre-plein ou de la muraille d'un rempart » (Fur. ds DG); mil. xviiie s. « versant abrupt d'un terrain, d'une montagne » (Buffon, Hist. naturelle, Minéraux, t. 5, p. 19 ds IGLF : escarpemens de lave [à propos de la montagne volcanique de Saint-Loup, près d'Agde]). Dér. de escarper1 *; suff. -(e)ment1 *.
Statistiques
Fréq. abs. littér. : 200. Fréq. rel. littér. : xixe s. : a) 308, b) 770; xxe s. : a) 120, b) 102.
Bibliographie
Gohin 1903, p. 295.