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Définition du Trésor de la Langue Française (1960-1990)

ENTÉRINER

verbe transitif
A. —DR.[Le suj. désigne une autorité judiciaire ou pol., ou une décision qui en émane] Garantir la validité définitive d'un acte en le ratifiant. Entériner un rapport d'experts. Entériner une requête (Ac. 1932). Entériner une décision. Le jugement qui entérinera la requête civile, ordonnera que le (...) jugement sera exécuté selon sa forme et teneur (Code procéd. civile, 1806, p. 413) :
1. ... je pris sur moi de faire ce qu'il fallait. Il appartiendrait ensuite à l'Assemblée Nationale, quand elle serait réunie, d'entériner la procédure. (De Gaulle, Mémoires de guerre, 1959, p. 110)
B. —P. ext.
1. Confirmer le bien-fondé, la valeur de quelque chose. La servante à face de légataire mal assurée, (...) qui attend (...) que le sceau de la mort vienne entériner ce testament, fragile et provisoire jusqu'au dernier souffle du moribond (Arnoux, Suite var., 1925, p. 66) :
2. Kretschmer avoue lui-même que la description des types qu'il essaye d'entériner par des enquêtes statistiques repose non pas sur les cas les plus fréquents, mais sur les « beaux cas » ... (Mounier, Traité du caractère, 1946, p. 208)
2. Admettre comme fondée ou comme définitive une situation à laquelle on se soumet, etc., sans la soumettre à un examen qui le cas échéant entraînerait son rejet ou son refus. Entériner un échec. Il ne peut être question d'admettre qu'on a sciemment entériné une injustice (Bazin, Vipère, 1948, p. 173). Entériner l'événement accompli simplement parce qu'il est accompli (Sartre, Sit. III, 1949, p. 52). On pouvait croire que cette petite opération, si heureusement effectuée, serait entérinée sans secousse par le gouvernement américain (De Gaulle, Mém. guerre, 1954, p. 185).
Prononciation et orthographe
[ɑ̃teʀine], (j')entérine [ɑ̃teʀin]. Ds Ac. dep. 1694.
Étymologie et histoire
Ca 1250 « accomplir entièrement » (Etabliss. de St Louis, I, i, ap. Rapetti, Livre de jostice et de plet, p. 345 ds Gdf.); 1274 « ratifier (un acte, des dispositions) par un jugement » (Cart. de Silly, B.N.L 11059, f° 87 r° ds Gdf. Compl.). Dér. de l'a. fr. enterin « entier, complet » (xiie s. ds Gdf., T.-L.), lui-même dér. de entier*; dés. -er.
Statistiques
Fréq. abs. littér. : 18.
Dérivés

Entérinement

substantif masculin
dr. Action d'entériner. Nous ne connoissons pas assez la Constitution de Saint-Domingue pour découvrir ce que c'est qu'un entérinement au Sénat d'Haïti d'une ordonnance du roi de France (Chateaubr., Polém., 1818-27, p. 413). L'entérinement de certains privilèges spéciaux dans un document de grande importance constitutionnelle et internationale (Charte Nations Unies, 1946, p. 42). — [ɑ̃teʀinmɑ̃]. Ds Ac. dep. 1694. — 1re attest. 1316 enterignement (Lett. du bailli de Rouen, Le Bec, Arch. Lure ds Gdf.); du rad. de entériner, suff. -(e)ment1 *.