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Définition du Trésor de la Langue Française (1960-1990)

ENTREPOSER

verbe transitif
A. — Déposer, ranger. La petite table sur laquelle on entreposait le courrier des locataires (Duhamel, Notaire Havre, 1933, p. 138) :
1. Les nègres banyangi du Caméroun ont dans leurs maisons des calebasses, des pots et des récipients de bois en nombre considérable (...), mais ils ne possèdent que peu de meubles. Trois ou cinq pierres enfoncées dans le sol constituent le foyer, au-dessus duquel plusieurs rayons servent à entreposer les provisions. (Lowie, Manuel d'anthropol. culturelle, 1936, p. 118)
B. — Mettre dans un entrepôt, une ville d'entrepôt :
2. Dans ses docks [d'Alexandrie] s'entreposaient, à côté des produits courants, les objets les plus précieux acheminés par mer depuis les extrémités du globe, les parfums d'Arabie, les perles de l'Inde, les soieries de Chine, aussi bien que l'étain des îles Britanniques et les bois du Liban. (P. Rousseau, Hist. des transports, 1961, p. 99)
Prononciation et orthographe
[ɑ̃tʀəpoze], (j')entrepose [ɑ̃tʀəpo:z]. Ds Ac. 1798-1932.
Étymologie et histoire
1. 1119 a. fr. « mettre entre, intercaler » (Ph. de Thaon, Comput, 2222 ds T.-L.);
2. [1542] « déposer, poser en attendant » (Dupinet, Pline, IX, 11, éd. 1566 ds Gdf.);
3. 1723 « déposer (des marchandises) dans un entrepôt » (Savary). Composé de entre* et de poser*, sens 3 d'apr. entrepôt*.
Statistiques
Fréq. abs. littér. : 35.
Dérivés
1.

Entreposage

substantif masculin
Action d'entreposer. Les affrètements pour les colonies britanniques et l'entreposage aux docks (Hamp, Champagne, 1909, p. 212). Surfaces d'entreposage (M. Benoist Pettier, Transp. mar., 1961, p. 179). Local d'entreposage frigorifique (Boulay, Arboric. et prod. fruit., 1961, p. 108). — [ɑ̃tʀəpoza:ʒ]. Cf. entre-. — 1re attest. 1875 (Journ. offic. 7 sept., p. 7640, 1re col. ds Littré Suppl.); du rad. de entreposer, suff. -age*. — Fréq. abs. littér. : 1.
2.

Entreposeur

substantif masculin
a) Personne préposée à la vente d'une marchandise dont l'État a le monopole. L'entreposeur des tabacs (Chateaubr., Mém., t. 1, 1848, p. 71).
b) Personne qui est propriétaire ou responsable d'un entrepôt. Cette dernière phrase m'a fermé les entrepôts, l'entreposeur étant ancien professeur de gymnase (Giraudoux, Siegfried et Lim., 1922, p. 254).
— [ɑ̃tʀəpozœ:ʀ]. Ds Ac. 1762-1932. Cf. entre-. — 1re attest. 1721 (Instructions aux Contrôleurs généraux du Tabac, Déclaration du 1er avril 1721, art. 24 ds Brunot t. 6, p. 492); du rad. de entreposer, suff. -eur2 *. — Fréq. abs. littér. : 2.
3.

Entrepositaire

substantif
a) Personne qui a le monopole d'entrepôt pour le compte de l'État. L'entrepositaire des tabacs dans cette ville (Vogüé, Morts, 1899, p. 167). Les fabricans perçoivent donc sur la vente en gros, un bénéfice de 250 pour cent des frais d'exploitation et de transport. Les bénéfices des entrepositaires, sur la vente en détail, ne sont pas moins exorbitans (Monopole et impôt sel, 1833, p. 7).
b) Commerçant dont la fonction est d'entreposer des marchandises. Un entrepositaire de citrons et d'oranges (Zola, Ventre Paris, 1873, p. 831). La bière est produite par un nombre relativement peu élevé de brasseries qui ont à la fois un service direct de livraison à leur clientèle de détaillants et un réseau très dense d'entrepositaires. Ces entrepositaires de bière sont généralement fabricants d'eaux gazeuses et de limonades et entrepositaires d'eaux minérales (Brunerie, Industr. alim., 1949, p. 212).
— [ɑ̃tʀəpozitε:ʀ]. Ds Ac. 1878 et 1932. Cf. entre-. — 1re attest. 1814 (Collection des Lois, éd. Duvergier, XVIII, 532 ds DG); du rad. de entreposer d'apr. dépositaire*. — Fréq. abs. littér. : 6.