Logo Portail
Définition du Trésor de la Langue Française (1960-1990)

ENTREGENT

substantif masculin
Habileté à évoluer dans des milieux influents et à faire jouer ses relations. [Mlle de Vertus] était pleine d'entregent et des plus allantes, comme on dit. Elle s'entremettait sans cesse, et pour le bien (Sainte-Beuve, Port-Royal , t. 4, 1859, p. 497). Toute gloire a sa claque, c'est-à-dire son ombre, son côté de supercherie (...) que l'on pourrait nommer, en général, l'entregent, l'intrigue, le savoir-faire, la réclame (Villiers de L'I.-A., Contes cruels, 1883, p. 83) :
1. Elle avait maintenant une situation à n'avoir pas à dispenser d'autres grâces que celles que sa présence répandait. Mais habituée jadis à l'entregent, aux manèges, aux services à rendre, elle y persévérait bien qu'ils ne fussent plus nécessaires. (Proust, Sodome et Gomorrhe, 1922, p. 668)
2. Camille avait un entregent naturel qui l'entraînait au-delà de sa sphère, au-delà de la sphère étroite où sa nonchalance sensuelle et étourdie le confinait. Il plaisait à des gens d'assez haute volée qui étaient frappés de la vivacité de son esprit. Cela l'amenait à un ordre d'affaires supérieur. (Drieu La Rochelle, Rêveuse bourgeoisie, 1939, p. 90)
Prononciation et orthographe
[ɑ̃tʀəʒɑ̃]. Ds Ac. 1718-1932. Cf. entre-.
Étymologie et histoire
1427 (Journal d'un bourgeois de Paris, éd. Tuetey, 220 ds IGLF), considéré comme « vieilli » ds Rich. 1680, classé dans les mots anc. qui rentrent dans l'usage au xviiie s. par Gohin, p. 313. Composé de entre* et de gent*.
Statistiques
Fréq. abs. littér. : 21.
Bibliographie
Gohin 1903, p. 313. — Lew. 1960, pp. 136-137.