ENTÔLER
verbe transitif• Se faire entôler. « Être victime d'une escroquerie » (Dub.). Synon. se faire rouler.
Remarque : La docum. atteste un emploi arg. et vx de ce verbe en emploi abs. avec le sens de « entrer en fraude » (pour voler). [Ceux qui restent] en gafe (...) doivent craindre que ceux qui entôlent (qui entrent) ne gardent pour eux la plus grande partie des objets précieux (Vidocq, Voleurs, t. 2, 1836, p. 97).
— En partic.[En parlant d'une prostituée] Voler (le client) en lui dérobant tous ses biens (cf. Carabelli, [Lang. pègre]).
Prononciation et orthographe
[ɑ̃tole], (j')entôle [ɑ̃to:l].
Étymologie et histoire
1829 arg. « introduire quelque chose en fraude » (Vidocq, Mém., t. 3, p. 127); 1903 « (en parlant d'une prostituée) dépouiller son client [reçu dans la tôle] » (ds Esn.). Dér. de tôle* (taule) au sens de « maison, chambre »; préf. en-*; dés. -er.
Dérivés
1. Action d'entôler. En partic. Vol commis par une prostituée. Armand, qui s'était promis de raconter immédiatement l'entôlage dont il avait été victime (, Beaux quart., 1936, p. 360). — [ɑ̃tola:ʒ]. Var. entaulage, cf. infra. — 1re attest. 1903 arg. entaulage « vol pratiqué par une prostituée sur son client » (ds Esn.); du rad. de entôler, suff. -age*. — Fréq. abs. littér. : 3.
Entôlage
substantif masculin2.Au masc. « Menteur, escroc » (Carabelli, [Lang. pop.]). Au fém. Prostituée qui vole son client. Plus de surins et plus d'eustaches Plus d'entôleuse au coin des rues (, Rom. inach., 1956, p. 223). — [ɑ̃tolœ:ʀ] fém. [-ø:z]. Var. entauleur, cf. infra. — 1res attest. 1901 arg. entôleuse « voleuse » (ds Esn.), 1925 entauleur « client payant mal » (ibid.); du rad. de entôler, suff. -eur2 *, -euse*. — Fréq. abs. littér. : 1.
Entôleur, euse,
substantifBibliographie
Berry (M.). L'Arg. policier. Vie Lang. 1973, p. 473 (s.v. entôlage). — Sain. Arg. 1972 [1907], p. 243. — Sain. Sources t. 3 1972 [1930], p. 59.