ENNUYER
verbe1. Causer de l’ennui, fatiguer l’esprit par quelque chose d’insignifiant, de monotone, de déplaisant, ou de trop long.
« Nous étions tous possédés d’une inquiétude lente qui nous faisait languir. Personne ne s’ennuyait, mais cette sensation poignante était cent fois pire que l’ennui. Il paraissait d’avance que cette nuit n’aurait pas de fin. » (Ivan Tourgueniev, L'Exécution de Troppmann, avril 1870, traduction française de Isaac Pavlovsky, publiée dans ses Souvenirs sur Tourguéneff, Savine, 1887)
« Je craignais que toutes mes lettres ne l’ennuyassent. Je faisais ce que je pouvais pour qu'elles ne fussent pas longues. J'y réussissais rarement; elle me plaignait; elle m'écrivait souvent, cela est vrai; je vivais de ses lettres. » (Mémoires de M. le duc de Lauzun, Paris : chez Barrois l'Aîné, 1822, page 385)
« — Il m’ennuie d’être si longtemps séparé de vous. — J’ai cessé de les fréquenter, il m’ennuyait d’entendre toujours déraisonner. »
2. Causer du désarroi, contrarier quelqu’un.
« Sa défaite l’ennuie beaucoup. »
3. Pronominal. Éprouver de l’ennui, se morfondre, ne pas savoir s’occuper.
« Vous vous ennuierez bien ici. » (Honoré de Balzac, Les Paysans, 1845, première partie, chapitre deuxième)
4. Par extension. Vieilli. Pronominal. Éprouver de la contrariété à cause d'une absence.
« Revenez au plus vite : je m’ennuie de vous. »
5. Pronominal. Être ennuyé, avoir du souci.
« — Le petit est malade. Je ne sais pas ce qu’il a… Je m’ennuie. » (Ernest Pérochon, Nêne, 1920)