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Définition du Trésor de la Langue Française (1960-1990)

ENCOFFRER

verbe transitif
A. —[Le compl. d'obj. désigne une somme d'argent, des valeurs, des biens précieux] Enfermer dans un coffre. Il pourrait avoir un train de maison en rapport avec sa situation, il aime mieux encoffrer presque tout son revenu (Ac., 1932).
• P. métaph. :
1. Mais vous, triste témoin des deux hymens, vous encoffrez les seize années que vous avez reçues à chaque union : présent de noces qui hâtera votre propre mariage avec une dame blanche, un peu maigre. (Chateaubriand, Mémoires d'Outre-Tombe, t. 2, 1848, p. 573)
— P. ext. Mettre à l'abri, protéger :
2. J'ai retiré du trou mon argent, je l'ai caché dans mon matelas; comme j'avais peur, je l'ai mis dans ma poche; comme ma poche n'était pas sûre, je l'ai placé dans mon linge, je le sens là qui me touche le peau; je voudrais l'y coudre, le faire entrer dans ma chair, l'encoffrer dans mon cœur, être argent moi-même! (Flaubert, La Tentation de St Antoine, 1849, p. 325)
B. — S'approprier frauduleusement. Encoffrer l'argent qu'on est chargé de distribuer (Littré) :
3. Est-ce du Dieu qu'on voit à Versailles... ... Lâchant son ciel; disant : Paris vaut une messe; Souple et doux, dispensant les rois de leur promesse, Point janséniste, point pédant, point monacal; Permettant à Sanchez d'effaroucher Pascal, Au banquier d'encoffrer cent pour cent, à la femme Laide, d'être méchante, et, belle, d'être infâme; (Hugo, Dieu, 1885, p. 35)
Prononciation et orthographe
[ɑ̃kɔfʀe]. Ds Ac. 1694-1932.
Étymologie et histoire
1. 1382 « tenir enfermé dans un coffre » (Comptes du Clos des galées de Rouen, 111, Bréard ds R. Hist. litt. Fr. t. 11, p. 504);
2. 1590 « emprisonner » (Brantôme, Cap. franç., M. de Montmorency III, 362 ds Hug.). Dér. de coffre*; préf. en-*; dés. -er.
Statistiques
Fréq. abs. littér. : 2.
Bibliographie
Sain. Arg. 1972 [1907], p. 87.