EMPÊCHEMENT
substantif masculinA. — Ce qui empêche (quelqu'un de faire quelque chose ou quelque chose de se réaliser). Synon. obstacle.
1.[L'empêchement est physique] [J'] essayai de travailler, mais avais comme un empêchement dans la tête. Un obstacle presque physique (, 2 e Memor., 1838, p. 331). La neige nous bloque, mais je ne me souviens pas d'avoir jamais vu son empêchement si épais (, Symph. pastor., 1919, p. 884).
2.[L'empêchement est moral] Popinot avait alors vingt et un ans, Birotteau s'était marié à cet âge, Anselme ne voyait donc aucun empêchement à son mariage avec Césarine (, C. Birotteau, 1837, p. 74).
— DR. CIVIL et CANONIQUE. Empêchement de mariage. Absence d'une condition mise par la loi au mariage. Empêchement dirimant*, prohibitif*. Il y a empêchement, lever tous les empêchements (Ac. 1835-1932). Le mariage ne peut être conféré qu'à des personnes non liées par des empêchements dirimants (Dict. théol. cath., t. 14, 1re part. 1938, p. 636).
3.En partic. Obstacle physique ou moral à la réalisation d'un projet, à une présence. Ses visites [à Eulalie] qui avaient lieu régulièrement tous les dimanches, sauf empêchement inopiné (, Swann, 1913, p. 70). « Je vais téléphoner que j'ai un empêchement » (, Thib., La Sorell., 1928, p. 1147).
B. —P. méton. Fait d'être empêché. Synon. incapacité. Être dans l'empêchement, dans un grand empêchement (Ac. 1932). Les pierres elles-mêmes, dans leur empêchement grossier, (...) n'étaient pas dénuées de toute participation à la parole universelle (, Volupté, t. 1, 1834, p. 225). Le dommage causé pour la récolte des fruits, l'empêchement de labourer (, Hist. paysan, t. 1, 1870, p. 11).
Prononciation et orthographe
[ɑ̃pεʃmɑ̃]. Enq. : /ãpeʃmã/. Ds Ac. 1694-1932.
Étymologie et histoire
1174-76 « ce qui fait obstacle, entrave » (G. de Pont-Ste-Maxence, St Thomas, éd. E. Walberg, [1936] 4595); spéc. 1430 empêchement de mariage (Quinze Joyes de mariage, 126, d'apr. FEW t. 4, p. 580a ). Dér. de empêcher*; suff. -ment1 *.
Statistiques
Fréq. abs. littér. : 213. Fréq. rel. littér. : xixe s. : a) 308, b) 341; xxe s. : a) 190, b) 344.
Bibliographie
Arveiller (R.). R. Ling. rom. 1972, t. 36, p. 227. — Quem. 2e s. t. 2 1971.