EMPORTE-PIÈCE
substantif masculin1. ... girouettes extravagantes, lesquelles ne sont plus des girouettes, mais des lettres majuscules de vieux manuscrits découpées dans la tôle à l'emporte-pièce, qui grincent au vent. (, Le Rhin, 1842, p. 143)
— En constr. d'attribut avec valeur d'adj., au fig. et rare. Cf. coupant ex. 1. M.R.-C. était caustique et emporte-pièce : il avait élevé l'insolence jusqu'à la majesté (, Poisons, 1869, p. 28).
— À l'emporte-pièce, loc. adv. En emportant la pièce. Hortic. Greffer à l'emporte-pièce (DG). Au fig. D'une manière directe, nette et franche et p. ext., d'une manière incisive, acerbe. Avoir des mots, des formules, des termes à l'emporte-pièce (cf. but ex. 9). Lancer un trait de satire, un mot à l'emporte-pièce (, Thib., Consult., 1928, p. 1065) :
2. Elle ne sait pas, elle ne sent pas qu'un certain style à l'emporte-pièce, la dure frappe impitoyable — vraiment « à prendre ou à laisser » — de profil de médaille, la singularité un peu grosse, aveuglante, qui dompte et méduse la masse, n'éloigne que les demi-délicats... (, Un Beau ténébreux, 1945, p. 126)
Prononciation et orthographe
[ɑ̃pɔʀtəpjεs]. Ds Ac. 1762-1932.
Étymologie et histoire
1. 1611 cautere emporte-pièce (Cotgr.);
2. 1690 « instrument comportant une partie tranchante » (Fur.);
3. 1704 « propos mordant » (Trév.); id. « méchante langue » (ibid.);
4. 1865 à l'emporte pièce (Hugo, Chans. rues et bois, p. 250). Composé de l'élément verbal emporte* et de pièce*.
2. 1690 « instrument comportant une partie tranchante » (Fur.);
3. 1704 « propos mordant » (Trév.); id. « méchante langue » (ibid.);
4. 1865 à l'emporte pièce (Hugo, Chans. rues et bois, p. 250). Composé de l'élément verbal emporte* et de pièce*.
Statistiques
Fréq. abs. littér. : 39.
Bibliographie
Hotier (H.). Le Vocab. du cirque et du music-hall en France. Paris, p. 49, 166. — Mat. Louis-Philippe. 1951, p. 145.