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Définition du Trésor de la Langue Française (1960-1990)

EMPESÉ, ÉE,

participe passé et adjectif
I. —Part. passé de empeser*.
II. —Adjectif
A. —[En parlant de linge] Qui est apprêté avec de l'empois. Un homme qui (...) laissait voir de grandes manchettes empesées, d'une blancheur de neige (Green, Moïra, 1950, p. 144).
— Emploi subst. Le buste en arrière maintenant, les cuisses coupées à l'arête vive de la table dont la dureté la blessait à travers l'empesé de ses jupes (Courteline, Ronds-de-Cuir, 1893, 4e tabl. p. 145).
B. —Au fig.
1.[En parlant d'une pers., de ses manières ou attitudes] Qui est raide, compassé. Un air empesé, des manières empesées (Ac.). Je compare dans mon esprit, ce grand seigneur italien [le cardinal Lante] (...) à tel grand seigneur empesé de la cour de Napoléon. Quel naturel! quelle aisance (Stendhal, Rome Naples et Flor. , t. 1, 1817, p. 241). Ils entrèrent dans l'église (...) d'un pas empesé (Guèvremont, Survenant, 1945, p. 93).
— Emploi subst. sing. avec valeur de neutre. Avant que la gentillesse native de la femme eût pu percer l'empesé de la petite bourgeoise (Proust, Swann, 1913, p. 374).
2.[En parlant du style d'un auteur] Qui est lourd, qui manque de naturel :
... le billet de l'académicien [dans les Provinciales] pourrait bien être de quelque Gomberville, ou tout simplement de l'illustre Chapelain; le style est assez lourd et assez empesé pour cela... (Sainte-Beuve, Port-Royal, t. 3, 1848, p. 68)
Statistiques
Fréq. abs. littér. : 141.