EMPAILLER
verbe transitifA. —[L'obj. désigne un siège] Garnir de paille. Empailler des chaises (Ac., 1798-1932).
B. —[L'obj. désigne un inanimé concr.] Envelopper de paille pour protéger des heurts. Il faut bien empailler ces ballots, ces boîtes, ces porcelaines (Ac. 1798-1932).
C. —HORTIC.[L'obj. désigne un plant, un jeune arbre] Entourer de paille pour protéger des intempéries ou des dégradations :
Je ne professais pas plus de répugnance pour cette hypocrisie défensive, que le jardinier des Jussat n'en avait eu à empailler les groseillers du jardin afin de conserver à travers les neiges et les gelées la fraîcheur de leurs fruits. (, Disciple, 1889, p. 112)
D. —[L'obj. désigne un animal mort] Emplir de paille la peau des animaux pour conserver leur apparence naturelle. Synon. naturaliser. Le talent singulier qu'il avait d'empailler les bêtes des champs lui valait une considération à quoi il était fort sensible (, Raboliot, 1925, p. 119).
— P. métaph. Ça serait encore gracieux de garder le bonheur pour toi toute seule! C'est ça... Empaillez-le donc tout de suite, votre bonheur; mettez-le donc sous verre ou dans un bocal pour que personne n'y touche! (, Juif errant, 1844-45, p. 47).
Prononciation et orthographe
[ɑ̃pɑje] ou [ɑ̃paje], (j')empaille [ɑ̃pɑ:(a)j]. [ɑ] post. ds Fér. 1768, Fér. Crit. 1787, Land. 1834, Passy 1914, Pt Rob., Warn. 1968. Le timbre post. s'explique d'apr. empaille où l'[ɑ] est en syll. tonique et maintient plus facilement son timbre. [a] ant. ds Littré, DG, Dub. et Lar. Lang. fr. (cf. -aille). Le verbe est admis ds Ac. 1694-1932.
Étymologie et histoire
1543 « mêlé de paille » (A. Pierre, Const. Ces., IX ds Gdf. : et fermez les trous de mortier empaillé); 1611 empaillé « rempli de paille » (Cotgr.); 1660 empailler « bourrer de paille » (Oudin); 1680 « garnir, couvrir de paille » (Fur.). Dér. de paille*; préf. em- (en-*).
Statistiques
Fréq. abs. littér. : 31.
Bibliographie
Pauli 1921, p. 37 (s.v. empaillé).