EGO
substantif masculin— P. ext., surtout dans le vocab. de la phénoménologie. Le Moi dans son unicité et son unité fondamentale (cf. ipséité, je et cf. Alter ego rem.). Loin que l'Ego soit le pôle personnalisant d'une conscience qui, sans lui, demeurerait au stade impersonnel, c'est au contraire la conscience dans son ipséité fondamentale qui permet l'apparition de l'Ego dans certaines conditions (, Être et Néant, 1943, p. 148).
Remarque : On rencontre ds la docum. le subst. fém. égoïté attesté a) ds Besch. Suppl. 1845-46 et désignant « le moi, l'amour excessif de son individualité », b) chez Jankélévitch où il semble signifier « individualité » : Dans le chœur discordant que nous formons, chacun, en réalité, évolue selon son tempo et son rythme propres, développant pour lui-même la loi interne et qualitative de son égoïté (Je-ne-sais-quoi, 1957, p. 190).
Prononciation et orthographe
[ego]. Homon. égaux. On peut rencontrer chez certains aut. l'orth. francisée égo (cf. Merleau-Ponty, Phénoménol. perception, 1945, pp. VII et 405; Mounier, Traité caract., 1946, p. 688; Jankél., op. cit., p. 175). Cette graph. rapproche évidemment le mot de égocentrique/isme, égoïsme, etc.
Étymologie et histoire
1886 (Sachs-Villatte, Enzyklopädisches französisch-deutsches und deutsch-französisches Wörterbuch, ds Quem. Fichier). Terme de philos. au sens logique, calque de l'all. das Ich (denke), proprement « le je (pense) » (Kant, Krit. der reinen Vernunft ds Lal.); v. aussi moi.