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Définition du Trésor de la Langue Française (1960-1990)

EFFROYABLEMENT

adverbe
A. —[Correspond à effroyable A] De manière effroyable, au point de provoquer un saisissement d'effroi, d'horreur. Hurler effroyablement. Des yeux hébétés dont la prunelle se dilata effroyablement (Dumas père, Monte-Cristo, t. 1, 1846, p. 685). Je rendis visite à la capitale badoise, effroyablement ravagée (De Gaulle, Mém. guerre, 1959, p. 156) :
1. Il n'y a rien qui tue aussi promptement et aussi effroyablement qu'un corps à corps entre deux troupes bien nourries... (Alain, Propos, 1928, p. 787)
B. —[Correspond à effroyable C]P. exagér., fam. De manière excessive. Effroyablement compliqué, difficile. Il est effroyablement ivre (Hugo, Ruy Blas, 1838, IV 3 p. 425). Ils étaient arrivés rongés de poux, effroyablement sales (Van der Meersch, Invas. 14, 1935, p. 388). J'ai effroyablement vieilli ces derniers temps (Gide, Journal, 1942, p. 104) :
2. Je pense à ces colonnes de fourmis, si effroyablement déterminées et qui ne quittent jamais leur sentier, ... (Guéhenno, Journal d'une, « Révolution », 1938, p. 150)
Prononciation et orthographe
[efʀwajabləmɑ̃]. Transcrit [efʀwa-] d'apr. effroi ds Barbeau-Rodhe 1930, ainsi que ds Warn. 1968 qui admet également efʀwa. Pour [ε] ouvert à l'initiale, cf. effroi. Le mot est admis ds Ac. 1694-1932.
Étymologie et histoire
1. 1554 « d'une manière qui effraie » (J. Amyot, Diodore, XV, 16 ds Gdf. Compl.);
2. 1659 « d'une manière excessive » (Molière, Les Précieuses ridicules, IX). Dér. de effroyable*; suff. -ment2 *.
Statistiques
Fréq. abs. littér. : 153.