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Définition du Trésor de la Langue Française (1960-1990)

EF(F)ENDI, (EFENDI, EFFENDI)

substantif masculin
Seigneur, maître chez les Turcs (titre généralement réservé aux fonctionnaires civils, aux ministres du culte, aux personnes instruites). Nous voyant des chapeaux, il salua et nous appela effendis (Nerval, Voy. Orient, t. 3, 1851, p. 44).
Prononciation et orthographe
[efε̃di]. Littré et Barbeau-Rodhe 1930 transcrivent [ε] ouvert pour l'initiale sous l'influence des lettres redoublées. Littré et DG prononcent la nasale [ɑ̃] : [-fɑ̃di]. Le mot est admis avec 2 f ds Ac. 1762-1932. Ds les éd. de 1835 et 1878 on accepte, également, la graph. avec 1 f; cf. aussi Nod. 1844, DG, Rob., Lar. Lang. fr. et Barbeau-Rodhe 1930 qui distingue dans la prononc. efendi avec [f] simple et effendi avec [ff] double.
Étymologie et histoire
1624 à la suite d'un nom propre (L. Deshayes, Voiage de Levant, Paris, p. 60 ds Z. rom. Philol., t. 88, p. 433 : Habil effendi, qui est le Iuge de la ville); 1664 (Promé, Les Voyages de M. Quiclet à Constantinople..., Paris, pp. 73-74, ibid. : leurs Affendis ou maistres), ex. isolé. Empr. au turc efendi « maître, seigneur », titre de dignité; mot lui-même empr. au m. gr. ἀφένδης (afendis) « maître » (fin du xvie s., Lœwoenklau ds Du Cange, Glossarium ad scriptores mediae et infimae graecitatis, Lyon, 1688, s.v. αὐθέντης, col. 153), du gr. αὐθέντης « qui agit de lui-même, maître absolu » (cf. authentique).
Bibliographie
Arveiller (R.). Addenda au FEW XIX/1 (abar-qubba). Z. rom Philol. 1972, t. 88, pp. 433-434. — Boulan 1934, p. 185. — Georgiades (P.). Du grec à l'arabe. Vie Lang. 1964, pp. 122-131. — Quem. 2e s. t. 4 1972.