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Définition du Trésor de la Langue Française (1960-1990)

DÉPARER

verbe transitif
A. —Vx. Dégarnir de ce qui pare, ôter une parure. Anton. parer, décorer.
— Loc. Déparer la marchandise. « Choisir le dessus d'un panier de fruits ou d'autres denrées, prendre ce qu'il y a de plus beau » (Ac. 1835-1932).
— Emploi pronom. à sens passif. Tout pâlit; l'autel se dépare (Sainte-Beuve, Livre d'am., 1843, p. 153).
Remarque : On rencontre ds la docum. déparé, ée en emploi adj. La mariée (...) avec sa tête déparée et sa nuque nue (Huysmans, En route, t. 1, 1895, p. 206).
B. — Rendre moins agréable, altérer l'effet esthétique, l'harmonie d'un petit ensemble. Synon. enlaidir, gâter; anton. agrémenter, avantager. Rien ne peut déparer une tête de quinze ans (Lamart., Voy. Orient, t. 1, 1835, p. 355).
— Emploi fig. (surtout à la forme négative). Une de ces femmes qui ne dépareraient pas une compagnie de grenadiers (Jouy, Hermite, t. 5, 1814, p. 123) :
... les autres [âmes], inclinées à se regarder elles-mêmes, cherchent surtout à connaître les défauts et les vices qui les déparent, et les vertus dont elles se doivent orner. (Bremond, Hist. littér. du sentiment relig. en France, t. 3, 1921, p. 198)
Prononciation et orthographe
[depaʀe], (je) dépare [depa:ʀ]. Ds Ac. 1694-1932. Homon. dépare et départ.
Étymologie et histoire
1. Ca 1050 desperet 3e pers. sing. ind. prés. « ôter ce qui pare; dépouiller » (Alexis, éd. Chr. Storey, 137; v. éd. G. Paris et L. Pannier, p. 182, 28 b); 1172-74 desparer (G. de Pont Ste-Maxence, St Thomas, éd. E. Walberg, 1591 ds T.-L.); en partic. 1690 déparer une Eglise (Rich.);
2. av. 1678 « rendre moins agréable » (Retz, Mémoires, éd. A. Feuillet, t. 1, p. 197). Dér. de parer*; préf. dé-*.
Statistiques
Fréq. abs. littér. : 93.