Logo Portail
Définition du Trésor de la Langue Française (1960-1990)

DÉNATIONALISER

verbe transitif
A. —Vieilli.[Le compl. désigne une pers., un attribut de la pers., une collectivité, un objet concr.] Supprimer tout lien, tout rapport avec la nation qui lui est propre; plus particulièrement, faire perdre la nationalité et les caractéristiques qui y sont attachées. L'empereur (...) lui permit gracieusement de dénationaliser ses enfants (Sand, Consuelo, t. 1, 1842, p. 245).
— P. anal.[L'obj. désigne une collectivité ou un produit culturel] Dénationaliser l'art grec, c'est déjà le trahir. Il doit être goûté dans son cadre naturel (Mauclair, De Watteau à Whistler, 1905, p. 56). Une révolution sans barricades autrement terrible, parce qu'elle tend à dénationaliser le prolétariat, c'est-à-dire à trancher le dernier lien entre les fils d'une même race (Bernanos, La Gde peur, 1931, p. 86).
— Emploi abs. Le génie de la musique (...) dérationalise et dénationalise : il parle une langue primitive et universelle (Massis, Jugements, 1924, p. 152).
— Emploi pronom. à sens passif. Perdre sa nationalité et les caractéristiques qui lui sont propres. Le caractère du Français se dénationalise à l'étranger. (...) le pays qu'il habite déteint sur lui (Goncourt, Journal, 1867, p. 340).
B. —[Le compl. désigne une entreprise] Remettre au secteur privé une entreprise qui appartenait au secteur public. Il fallait fusionner les deux firmes — quitte à les dénationaliser (Le Nouvel Observateur, juin 1976, n° 606 p. 33).
Prononciation et orthographe
[denasjɔnalize]. Ds Ac. 1878.
Étymologie et histoire
1. [Fin du xviiie s. (sans réf. d'apr. DG)]; 1808 « priver de sa nationalité » (Napoléon Ier, Proclamation, II, 106, Fischer ds DG);
2. 1954 écon. (Le Monde, 13 oct. ds Gilb.). Dér. de nationaliser*; préf. dé-*.
Statistiques
Fréq. abs. littér. : 19.