DÉNASALISER
verbe transitif1. Si [au xvie s.] la consonne nasale implosive est absorbée, en revanche l'intervocalique résiste et tend à dénasaliser la voyelle précédente (...) laine et peine (...) sont déjà prononcés lène et pène à Paris, au milieu du xvie siècle. (, Hist. de la lang. fr., Paris Payot, 1930, p. 92)
— Emploi pronom. à sens passif, usuel. Perdre le caractère ou le phonème nasals. [En français] la voyelle õ se dénasalise dans quelques cas seulement : « un bò-n ami, un bò-n élève » (, Prononc., 1958, p. 134) :
2. À Gérouville, localité située à la frontière franco-belge, existe un lieu-dit Sèquewé, cité dans un texte de 1258 sous la forme Sencoweit; la première syllabe s'est dénasalisée, comme cela arrive souvent dans les dialectes wallons. (L'Hist. et ses méthodes, 1961, p. 715)
Remarque : 1. D'abord en concurrence avec une forme dénasaler; Lar. encyclop., Rob. Suppl. 1970, Lar. Lang. fr. n'ont plus que dénasaliser. 2. La rédaction de l'ex. 2 (dénasalisation de la 1re syll.) n'implique pas nécessairement un groupe en réduit, préalablement à la dénasalisation, à une voyelle nasale; la dénasalisation a pu consister dans, ou en tout cas comporter, la chute d'un segment nasal consonantique.
Prononciation
[denazalize]. Dénasaler, transcrit comme il s'écrit, ds Littré.
Étymologie et histoire
I. 1819 dénasaler (Boiste).
II. 1838 dénasaliser (Ac. Compl. 1842). Dér. de nasal*; préf. dé-*. I dés. -er ; II suff. -iser*.
II. 1838 dénasaliser (Ac. Compl. 1842). Dér. de nasal*; préf. dé-*. I dés. -er ; II suff. -iser*.
Dérivés