DÉLECTABLE
adjectifA. —[En parlant d'un aliment] Mets, plat, vin délectable. Synon. délicieux, friand (vx), savoureux, succulent. Une délectable odeur de viande rôtie (, Contes et nouv., t. 1 Fic., 1883, p. 125). Sa lèvre était légèrement humide, comme s'il avait eu en bouche quelque chose de délectable (, Silbermann, 1922, p. 31). Des fruits sucrés et délectables (, Poés. div., 1952, p. 879) :
Il paraît (...) le gigot, rebondi et doré, sur son lit de fayots délectables. (, La Recherche du beau, 1932, p. 196)
— P. métaph. La peur, la mauvaise conscience ont un fumet délectable pour les narines des Dieux (, Mouches, 1943, p. 20).
— Au fig. Il [le missel] a gardé une délectable saveur des anciens âges (, Oblat, t. 2, 1903, p. 190).
B. —[En parlant d'une sensation] Plaisir délectable; une émotion, un bonheur des plus délectables. Synon. exquis, ineffable, suave. C'est chose délectable, Qu'un bon gîte la nuit et qu'une fille aimable! (, Melaenis, 1857, p. 22). J'ai découvert, un peu au-dessus de la ville, un lieu de repos délectable; l'herbe où s'étendre est fraîche; un rideau de hauts peupliers y répand une ombre légère (, Journal, 1914, p. 402).
C. —[En parlant du résultat d'une activité hum. d'ordre intellectuel ou moral] Montaigne est le plus délectable de tous les écrivains (, Souv., 1841, p. 70). De beaux discours, des vers ronflants (...) sont chose délectable (, C. Breugnon, 1919, p. 35). Les lois, les mœurs, les institutions sont l'ordinaire et délectable proie des critiques du genre humain (, Variété IV, 1938, p. 38).
Prononciation
[delεktabl]. Ds Ac. 1694-1932.
Étymologie et histoire
1160-74 (Wace, Rou, éd. A. J. Holden, II, 1671). Empr. au lat. class. delectabilis « qui plaît, qui charme, agréable »; également en a. fr. delitable « id. » (xiie s. ds T.-L.), dér. de delitier « réjouir » (xiie s., ibid.).
Statistiques
Fréq. abs. littér. : 104.
Dérivés
Délectablement
adverbeBibliographie
Duch. Beauté 1960, p. 159. — Quem. 2e s. t. 2 1971.