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Définition du Trésor de la Langue Française (1960-1990)

DÉGUEULER

verbe transitif
Vulg. Vomir. Synon. pop. dégobiller. J'ai dégueulé ta bandoline (Rimbaud, Poés., 1871, p. 91). Il eut un hoquet et dégueula dans sa serviette une partie de son déjeuner (Vailland, Drôle de jeu, 1945, p. 43).
— Emploi abs. Un ivrogne qui va dégueulant par tout son chemin (Goncourt, Journal, 1862, p. 1043).
— P. métaph. Répandre un flot de paroles. Cela soulagerait de dégueuler tout l'immense mépris qui vous emplit le cœur jusqu'à la gorge (Flaub., Corresp., 1853, p. 183).
Prononciation et orthographe
[degœle], (je) dégueule [degœl]. Pour l'inf. possibilité de prononcer [ø] fermé ds Passy 1914 par harmonis. vocalique, mais non ds Pt Rob. (comparer avec dégueulasse). Admis ds Ac. 1694-1878.
Étymologie et histoire
1. 1482 desgueuller « parler » (G. Coquillart, Œuvres, éd. M. J. Freeman, De plaidoye d'entre la simple et la rusée, 511);
2. 1680 « vomir » (Rich.);
3. 1690 « vomir des injures » (Fur.). Dér. de gueule*; préf. dé-*; dés. -er.
Statistiques
Fréq. abs. littér. : 143.
Dérivés
Vulg.
1.

Dégueulade

substantif féminin
Action de vomir; p. méton., matières vomies. Une dégueulade de Julio sur le tapis de la salle à manger (Flaub., Corresp., 1878, p. 164). Au fig. Dispute. Synon. pop. engueulade (cf. Éd. 1967).Attesté par Nouv. Lar. ill.-Lar. 20e et Quillet 1965. — 1re attest. 1878 (Moch), X-Lex.; du rad. de dégueuler, suff. -ade*. — Fréq. abs. littér. : 2.
2.

Dégueulage

substantif masculin
vieilli. Action de vomir; matières vomies. Dégueulage dans les rues (Goncourt, Journal, 1890, p. 1176). P. métaph. Je tâcherai de vomir ma bile sur mes contemporains. Mais ce dégueulage me demandera plusieurs années (Flaub., Corresp., 1872, p. 460). Absent des dict. gén. des xixe et xxe s. — 1re attest. 1872, id.; du rad. de dégueuler, suff. -age*. — Fréq. abs. littér. : 2.
3.

Dégueulis

substantif masculin
Vomissure. Fonds de tabagies d'Ostade, avec leur vaisselle à pisse et à dégueulis (Goncourt, Journal, 1881, p. 103). P. métaph. Dégueulis de méchancetés sur les uns et les autres (Goncourt, Journal, 1889, p. 1074). Attesté ds la plupart des dict. gén. des xixe et xxe s., sauf Ac. — [degœli], seule transcr. mod. ds Lar. Lang. fr. Pour les dict. plus anc. uniquement ds Land. 1834 et Littré. — 1re attest. 1845 (Besch.); du rad. de dégueuler, suff. -is*. — Fréq. abs. littér. : 5.
4.

Dégueuloir

substantif masculin
Bouche grande ouverte (cf. Carabelli, [Lang. pop.]). P. anal. Ce dégueuloir immense [le delta du Nil] (Morand, Route Indes, 1936, p. 53). L'évier (...) muni d'un « dégueuloir » (Menon Lecotté, Vill. Fr., t. 1, 1954, p. 13). — 1res attest. 1907 « récipient dont se servaient les Anciens pour se décharger l'estomac » (France); 1909 « cuveau qui reçoit les déchets de table, au réfectoire » (d'apr. Esn. 1966); av. 1920 « bouche » id. ; du rad. de dégueuler, suff. -oir*.
Bibliographie
Pohl (J.). Contribution à l'hist. de qq. mots. Fr. mod. 1963, t. 31, p. 298 (s.v. dégueulade).