DÉGUEULER
verbe transitif— Emploi abs. Un ivrogne qui va dégueulant par tout son chemin (, Journal, 1862, p. 1043).
— P. métaph. Répandre un flot de paroles. Cela soulagerait de dégueuler tout l'immense mépris qui vous emplit le cœur jusqu'à la gorge (, Corresp., 1853, p. 183).
Prononciation et orthographe
[degœle], (je) dégueule [degœl]. Pour l'inf. possibilité de prononcer [ø] fermé ds Passy 1914 par harmonis. vocalique, mais non ds Pt Rob. (comparer avec dégueulasse). Admis ds Ac. 1694-1878.
Étymologie et histoire
1. 1482 desgueuller « parler » (G. Coquillart, Œuvres, éd. M. J. Freeman, De plaidoye d'entre la simple et la rusée, 511);
2. 1680 « vomir » (Rich.);
3. 1690 « vomir des injures » (Fur.). Dér. de gueule*; préf. dé-*; dés. -er.
2. 1680 « vomir » (Rich.);
3. 1690 « vomir des injures » (Fur.). Dér. de gueule*; préf. dé-*; dés. -er.
Statistiques
Fréq. abs. littér. : 143.
Dérivés
Vulg.
1. Action de vomir; p. méton., matières vomies. Une dégueulade de Julio sur le tapis de la salle à manger (, Corresp., 1878, p. 164). Au fig. Dispute. Synon. pop. engueulade (cf. Éd. 1967).Attesté par Nouv. Lar. ill.-Lar. 20e et Quillet 1965. — 1re attest. 1878 (Moch), X-Lex.; du rad. de dégueuler, suff. -ade*. — Fréq. abs. littér. : 2.
Dégueulade
substantif féminin2.vieilli. Action de vomir; matières vomies. Dégueulage dans les rues (, Journal, 1890, p. 1176). P. métaph. Je tâcherai de vomir ma bile sur mes contemporains. Mais ce dégueulage me demandera plusieurs années (, Corresp., 1872, p. 460). Absent des dict. gén. des xixe et xxe s. — 1re attest. 1872, id.; du rad. de dégueuler, suff. -age*. — Fréq. abs. littér. : 2.
Dégueulage
substantif masculin3. Vomissure. Fonds de tabagies d'Ostade, avec leur vaisselle à pisse et à dégueulis (, Journal, 1881, p. 103). P. métaph. Dégueulis de méchancetés sur les uns et les autres (, Journal, 1889, p. 1074). Attesté ds la plupart des dict. gén. des xixe et xxe s., sauf Ac. — [degœli], seule transcr. mod. ds Lar. Lang. fr. Pour les dict. plus anc. uniquement ds Land. 1834 et Littré. — 1re attest. 1845 (Besch.); du rad. de dégueuler, suff. -is*. — Fréq. abs. littér. : 5.
Dégueulis
substantif masculin4. Bouche grande ouverte (cf. Carabelli, [Lang. pop.]). P. anal. Ce dégueuloir immense [le delta du Nil] (, Route Indes, 1936, p. 53). L'évier (...) muni d'un « dégueuloir » (, Vill. Fr., t. 1, 1954, p. 13). — 1res attest. 1907 « récipient dont se servaient les Anciens pour se décharger l'estomac » (France); 1909 « cuveau qui reçoit les déchets de table, au réfectoire » (d'apr. Esn. 1966); av. 1920 « bouche » id. ; du rad. de dégueuler, suff. -oir*.
Dégueuloir
substantif masculinBibliographie
Pohl (J.). Contribution à l'hist. de qq. mots. Fr. mod. 1963, t. 31, p. 298 (s.v. dégueulade).