DÉGRAFER
verbe transitifA. —[L'obj. désigne un vêtement, un bijou, etc.] Dégrafer un corsage, une jupe, une robe. Et puis elles [les actrices] s'agacent, la chaleur leur monte — elles dégrafent leur col (, Music-hall, 1913, p. 151). Elle dégrafa sa pèlerine (, Thib., Pénitenc., 1922, p. 751).
• Emploi abs. :
1. ... il déboutonnait, dénouait, dégrafait, délaçait sans repos. Et quand elle voulut se lever pour échapper à ses audaces, elle sortit brusquement de ses robes, de ses jupes et de son linge toute nue, ... (, Contes et nouvelles, t. 2 Le Mal d'André, 1883, p. 383)
— Emploi pronom. Ton camée se dégrafe (, Lucrèce, 1944, III 7 p. 194).
B. —P. méton.[L'obj. désigne la pers. qui porte le vêtement à dégrafer] :
2. ... des crises la [Geneviève] reprenaient, secouaient son corps frêle de grands frissons. (...), Denise, (...) tâchait de la soulager. Elle la dégrafa et resta navrée de cette maigreur souffrante : ... (, Au Bonheur des dames, 1883, p. 593)
— Emploi pronom. Ces spacieux soupers où des femmes soûles se dégrafent au dessert (, À rebours, 1884, p. 9). Elle se dégrafa un peu, à cause de la chaleur (, Beaux quart., 1936, p. 143).
• P. métaph., pop. Se dégager (d'une emprise). Elle se dégrafe de mes étreintes, elle s'est tirée la salingue! (, Mort à crédit, 1936, p. 326).
Prononciation et orthographe
[degʀafe], (je) dégrafe [degʀaf]. Ds Ac. 1694-1762, s.v. degraffer; cf. aussi ds Fér. 1768 (cf. dé-). Ds Ac. 1798-1932, s.v. dégrafer.
Étymologie et histoire
I.
1. 1546 mar. degraffer « désancrer » (Palmerin d'Olive, 210 b ds Rom. Forsch., t. 32, p. 43);
2. av. 1577 « détacher l'agrafe ou les agrafes d'un vêtement » (R. Belleau, Bergerie, IIe j., f° 141 v° , éd. 1578 ds Gdf. Compl.); 1584 part. passé adj. (Ronsard, Poèmes, 1. II, Élégie à P. L'Escot ds Œuvres, éd. P. Laumonier, t. 10, p. 304 var. : a cottes degrafees); [1852 part. passé subst. fém., fam. « femme galante » (A. Dumas, Ange Pitou d'apr. France)]; 1889 (Larch. Suppl., p. XII).
II. 1611 désagrafer (Cotgr.). Dér. de agrafer*; préf. dé(s)-* par substitution (I), par adjonction (II).
1. 1546 mar. degraffer « désancrer » (Palmerin d'Olive, 210 b ds Rom. Forsch., t. 32, p. 43);
2. av. 1577 « détacher l'agrafe ou les agrafes d'un vêtement » (R. Belleau, Bergerie, IIe j., f° 141 v° , éd. 1578 ds Gdf. Compl.); 1584 part. passé adj. (Ronsard, Poèmes, 1. II, Élégie à P. L'Escot ds Œuvres, éd. P. Laumonier, t. 10, p. 304 var. : a cottes degrafees); [1852 part. passé subst. fém., fam. « femme galante » (A. Dumas, Ange Pitou d'apr. France)]; 1889 (Larch. Suppl., p. XII).
II. 1611 désagrafer (Cotgr.). Dér. de agrafer*; préf. dé(s)-* par substitution (I), par adjonction (II).
Statistiques
Fréq. abs. littér. : 68.