DÉCHRISTIANISER
verbe transitifA. —Emploi trans. Détourner (quelqu'un) du christianisme, faire perdre (à quelqu'un) le caractère, la qualité de chrétien. Marx a réintroduit dans le monde déchristianisé la faute et le châtiment, mais en face de l'histoire (, Homme rév., 1951, p. 297) :
1. Pourquoi ne pas faire des concessions plus larges à l'Italie par la peur de déchristianiser la France? (, Le Temps retrouvé, 1922, p. 761)
— Emploi abs. Entre les maîtres de la Pologne russe et les maîtres de la Pologne germaine existera aussi ce jeu : à qui déchristianisera le plus vite (, Journal, 1940, p. 284).
B. —Emploi pronom. Se détourner du christianisme, perdre le caractère de chrétien.
— Au sens passif :
2. Vous dites que le pays continue de se déchristianiser ? ... il est vrai que les habitudes chrétiennes, les mœurs chrétiennes n'apparaissent presque plus dans ce stupide monde motorisé... (, Bloc-notes, 1958, p. 268)
— Au sens réfl. Renoncer à la foi chrétienne, à la pratique de la religion chrétienne. Il veut se déchristianiser le plus tôt possible (Lar. 20e). P. ext. Cesser de mériter la qualité de chrétien. Tout homme qui fait constamment le mal se déchristianise (, 1845).
Prononciation
[dekʀistjanize].
Étymologie et histoire
[1174 descristianer (G. de Pont-Sainte-Maxence, Vie de saint Thomas Becket, éd. E. Walberg, 1272), attest. isolée]; 1792 déchristianiser (Profession de foi de Ch. Alex. Moy auteur anonyme ds Brunot t. 9, pp. 896-897). Dér. du rad. sav. christian- de chrétien*; préf. dé-*; suff. -iser*.
Statistiques
Fréq. abs. littér. : 6.
Dérivés
1.rare. (Personne) qui s'adonne à la déchristianisation. Parmi les députés favorables aux déchristianisateurs, on en apercevait qui, suspects d'agiotage, (...) ou de modérantisme, (...) menaient au même moment l'assaut contre le Comité dans la Convention (, Révol. fr., 1963, p. 378). — 1re attest. 1907 (Nouv. Lar. ill. Suppl.); de déchristianiser, suff. -(at)eur2 *.
Déchristianisateur, trice
substantif et adjectif2. Action de (se) déchristianiser, état résultant de cette action. Le lent mouvement de déchristianisation qui naquit dans la haute bourgeoisie voltairienne et prit un siècle pour s'étendre à toutes les couches de la société (, Mots, 1964, p. 79). — [dekʀistjanizasjɔ̃]. — 1re attest. 1876 (F. Dupanloup, Où allons-nous? p. 33 ds Littré); de déchristianiser, suff. -(at)ion*. — Fréq. abs. littér. : 4.
Déchristianisation
substantif fémininBibliographie
Ac. Fr. Dict. de l'Ac. Banque Mots. 1973, n° 5, p. 100.