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Définition du Trésor de la Langue Française (1960-1990)

DÉCATIR

verbe transitif
A. —TEXT.[Le compl. d'obj. désigne une étoffe] Décatir (une étoffe). Lui enlever le cati*. Décatir un drap (Ac.).
B. —Au fig., fam.
1.[Le compl. d'obj. désigne une pers.; le sujet est abstr.]Décatir qqn. Lui faire perdre sa fraîcheur, son éclat, etc. Tu pourrais croire qu'aux yeux du monde, mon mariage m'a délustré, m'a décati (...) rassure-toi, je suis toujours à la mode (Augier, Gendre de M. Poirier, 1854, II p. 223).
— Le plus souvent à la forme passive. On ne se reconnaissait même plus, tellement qu'on était bousculés, moulus, décatis par la fatigue et les émois (Céline, Mort à crédit, 1936, p. 96).
2.Emploi pronom. réfl. S'enlaidir, en partic. avec l'âge, se faner :
... elle ne pouvait plus marcher près de quelqu'un, sans manquer de le jeter par terre, tant elle boitait. Naturellement, lorsqu'on se décatit à ce point, tout l'orgueil de la femme s'en va. (Zola, L'Assommoir, 1877, p. 729)
— P. ext. Vieillir, en accusant son âge. Commencer à se décatir.
Prononciation et orthographe
[dekati:ʀ]. Ds Ac. dep. 1835.
Étymologie et histoire
1. 1753 « démêler le poil d'une peau destinée à la fabrication des chapeaux » (Encyclop. t. 3, s.v. chapeau);
2. 1812 « enlever l'apprêt et le brillant d'un tissu » (Boiste);
3. 1870 « perdre de sa fraîcheur, de sa force (d'une personne) » (Lar. 19e). Dér. de catir*; préf. dé-*.
Statistiques
Fréq. abs. littér. : 2.
Dérivés
1.

Décatissement

substantif masculin
rare. État de déchéance, décrépitude. « De là, — toujours style des jolis gommeux, — ce décatissement inouï, accompagné de phénomènes comateux... » (De Montépin : Sa Majesté l'Argent) (Fustier, Suppl. dict. Delvau, 1889, p. 528). — 1re attest. 1889 id. ; du rad. du part. prés. de décatir, suff. -ment1 *.
2.

Décatisseur, euse

adjectif et substantif
text.Emploi adj.[En parlant d'un instrument] Qui permet d'effectuer le décatissage* des étoffes. Ouvrier conduisant une rame décatisseuse (Mét., 1955). Emploi subst. Ouvrier, -ière chargé(e) de décatir les étoffes. — [dekatisœ:ʀ], fém. [-ø:z]. Ds Ac. dep. 1835. — 1re attest. 1832 (Raymond); du rad. du part. prés. de décatir, suff. -eur2 *.
3.

Décatissure

substantif féminin
rare[Correspond à décatir* B 2 et à décati*, ie B 1; chez une pers.]. Ce qui est décati. La satisfaction de honnir les décatissures de la fille consola (Plowert, 1888). — 1re attest. 1888 id. ; du rad. du part. prés. de décatir, suff. -ure*.
Bibliographie
Sain. Lang. par. 1920, p. 373.