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Définition du Trésor de la Langue Française (1960-1990)

DÉBOULONNER

verbe transitif
A. — Enlever des boulons.
— P. ext. Démonter ce qui était boulonné. Déboulonner un rail (cf. Sartre, Mains sales, 1948, 2e tabl. 3 p. 42).
• Déboulonner une statue. Abattre une statue.
B. —Au fig., fam.
1. Détruire le prestige d'une personne (comme si on abattait sa statue) :
1. Pour moi, déboulonné du pôle de stylite qui me sied, dès qu'un corps a trop de son secret, j'affiche : celles qui voient tout, je les invite à venir, à mon bras, des soirs, prendre les frais. (Laforgue, L'Imitation de Notre-Dame la Lune, 1886, p. 260)
2. Déposséder quelqu'un de son poste, de sa place. Il s'est fait déboulonner aux dernières élections :
2. Aussi aux dernières élections, ou aux avant-dernières, il faillit être déboulonné de Montargis, je dis déboulonné comme député, par un juif extrêmement riche et naturellement radical. (Péguy, L'Argent, 1913, p. 1224)
Prononciation et orthographe
[debulɔne], (je) déboulonne [debulɔn]. Ds Ac. 1878 et 1932.
Étymologie et histoire
1867 « démonter ce qui est boulonné » (Goncourt, M. Salomon, p. 375); 1871 fig. (Virmaitre, Dict. arg. fin-de-s., Suppl., p. 87 : [Depuis 1871] faire tomber un homme, c'est le déboulonner); 1886 « déposséder quelqu'un de sa place » (Laforgue, loc. cit.); cf. 1911 déboulonner son idole (L. Daudet, Mésentente, p. 242). De boulonner*; préf. dé-*.
Statistiques
Fréq. abs. littér. : 11.