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Définition du Trésor de la Langue Française (1960-1990)

DÉBANDER1

verbe transitif
A. —[Le compl. d'obj. désigne une bande, un bandeau] Ôter une bande, un bandeau (cf. bander A). Débander les yeux. Il ne répondit pas, débanda les plaies, les examina en silence, tira des fioles de sa poche et refit un pansement (Zola, Débâcle, 1892, p. 622).
— Arg. Débander. « Perdre ses bandes molletières; 125e Inf., 1915 (M. Cohen); — se défaire, parlant des bandes molletières; 109e Inf., 1916 (J. Demeure) » (Esnault, Notes complét. Poilu, 1956).
B. —[Le compl. d'obj. désigne un métal, un arc, une voix, etc.] Détendre ce qui est bandé (cf. bander B). Débander un ressort. Les Parthes, débandant leurs arcs, exhortèrent les Romains à passer paisiblement (Michelet, Hist. romaine, t. 2, 1831, p. 317).
• Au fig. Le délassement de sa besogne formidable [de Sylla] (...) ne consistait en aucune débauche, qui eût débandé ou distrait sa volonté (L. Daudet, Sylla, 1922, p. 228).
— Absol., vulg. « Cesser d'être en érection » (Carabelli, [Lang. pop.]).
Prononciation et orthographe
[debɑ̃de], (je) débande [debɑ̃:d]. Ds Ac. 1694-1932.
Étymologie et histoire
1. Fin xiie s. desbender « débarrasser (quelque chose) d'un bandeau, d'une bande » (Aliscans, éd. E. Wienbeck, W. Hartnacke et P. Rasch, 5386); xiiie s. [ms.] (Renart, éd. M. Roques, 2143 var. H);
2. 1459-60 « détendre une arbalète » (A. N. JJ 190, f° 111 ds Gdf. Compl.); 1601 se débander au fig. « se relâcher [en parlant de l'esprit] » (P. Charron, Sagesse, 1, 15 ds Littré); 1690 « cesser d'être en érection » (Fur.). Dér. de bander*; préf. dé-*.
Bibliographie
Grimaud (F.). Pt gloss. du jeu de boules. Vie Lang. 1968, pp. 112-113.