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Définition du Trésor de la Langue Française (1960-1990)

DUBITATIF, IVE,

adjectif
A. — Qui exprime le doute.
1.[Qualifiant un comportement] Air, geste, regard ton dubitatif. Woldsmuth fait un geste résigné et dubitatif comme s'il disait : « Que sait-on? Tout est possible... » (Martin du G., J. Barois, 1913, p. 347) :
Cette hésitation apparente signifiait une volonté arrêtée et avait pour but de diminuer l'importance de la visite tout en me l'annonçant. Albertine employait toujours le ton dubitatif pour les résolutions irrévocables. (Proust, La Prisonnière, 1922, p. 91)
2.[Qualifiant les propos] Formule, instruction, réponse dubitative; projet dubitatif. Synon. critique, incertain, obscur. Ces formes dubitatives et élégantes, qui conviennent si bien à tout homme qui a le malheur de ne pas admirer tout ce qu'admirent les gens en possession de l'opinion publique (Stendhal, Racine et Shakespeare, 1823, p. 5). Tout le vague des épithètes dubitatives et des tours de phrases amphibologiques (Mallarmé, Corresp., 1868, p. 280).
3.Domaine de la gramm., de la log.,vieilli. Conjonction, proposition dubitative. La particule dubitative « ne » (Littré). « Si » est quelquefois conjonction dubitative (Ac., 1798-1932). Mode dubitatif. Je ne crois pas que l'on doive faire un mode particulier de ces tournures de phrases, « oserais-je observer? Ne pourrait-on pas essayer? » Mais si on le veut, peu importe (Destutt de Tr., Idéol., Gramm., 1803, p. 52).
B. —Rare. Qui est en proie au doute. Ton âme est religieuse, si ton esprit est dubitatif et sceptique (Amiel, Journal, 1866, p. 412).
Prononciation et orthographe
[dybitatif], fém. [i:v]. Ds Ac. 1798-1932.
Étymologie et histoire
1314 « douteux, sujet à caution » (Henri de Mondeville, Chirurgie, 508 ds T.-L.); 1732 gramm. conjonction dubitative (Trév.). Empr. au b. lat. dubitativus « douteux; qui exprime le doute (gramm.) ».
Statistiques
Fréq. abs. littér. : 39.
Dérivés

Dubitativement

adverbe
rare. D'une manière dubitative. Répondre dubitativement. Avec un point de départ hypothétique ou théorique, il faut toujours raisonner dubitativement (Bernard, Princ. méd. exp., 1878, p. 214). — [dybitativmɑ̃]. Ds Ac. 1932. — 1re attest. 1771 (J. J. Schmidlin, Catholicon d'apr. Behrens ds Z. fr. Spr. Lit., t. 23, p. 24); de dubitatif, -ive, suff. -ment2 *.