DRUIDE
substantif masculinDRUIDESSE
substantif fémininI. — Druide, subst. masc.
A. —Subst. masc. Membre de la classe sacerdotale des Celtes de la Gaule, de la Grande-Bretagne et de l'Irlande anciennes, héritière et gardienne des traditions religieuses, chargée de l'éducation, de la justice et du culte. Le culte, le gouvernement, la hiérarchie, la tradition des druides. (Quasi-)synon. barde, eubage, ovate, saronide. À l'endroit où les druides buvaient le sang des chèvres dans une coquille de noix (, Ampélour, 1937, p. 106). Je m'étonnai quand sa voix éloquente fit lever sur les landes des dolmens, des menhirs, des forêts où les druides cueillaient le gui (, Mém. j. fille, 1958, p. 323) :
1. Où sont ces druides qui élevoient dans leurs colléges sacrés une nombreuse jeunesse? Proscrits par les tyrans, à peine quelques-uns d'entre eux vivent inconnus dans des antres sauvages. Velléda, une foible druidesse, voilà donc tout ce qui vous reste aujourd'hui pour accomplir vos sacrifices! (, Les Martyrs, t. 2, 1810, p. 74)
— P. métaph. Des druides barbus en robe blanche, qui quêtent pour les hôpitaux (, Londres, 1933, p. 252).
B. —Emploi adj., rare. Relatif aux druides. La physionomie étrange, terrible de ces saints, plus druides que chrétiens (...) me poursuivait comme un cauchemar (, Souv. enf., 1883, p. 82).
II. — Druidesse, subst. fém. Prêtresse chez les Celtes, faisant figure de magicienne et de prophétesse. La gloire, cette prêtresse qui égorge les Français aujourd'hui, comme autrefois la druidesse sacrifiait les Gaulois (, Lys, 1836, p. 24). Les femmes celtes, vous savez bien ces druidesses mystiques qu'on représente une faucille d'or à la main et qui avaient des visions et prophétisaient dans la forêt de Brocéliande (, Bourlinguer, 1948, p. 362) :
2. Il était facile d'imaginer sous les feuillages les prêtres en tiare d'or et en robe blanche, avec leurs victimes humaines, les bras attachés dans le dos, — et, sur le bord de la cuve, la druidesse observant le ruisseau rouge, pendant qu'autour d'elle la foule hurlait, au tapage des cymbales et des buccins faits d'une corne d'auroch. (, Bouvard et Pécuchet, t. 1, 1880, p. 113)
Prononciation et orthographe
[dʀɥid], fém. [dʀɥidεs]. Prononcé avec diérèse ds Fér. Crit. t. 1 1787, Nod. 1844, Littré ; cf. aussi Mart. Comment prononce 1913, p. 197 pour qui la diphtongue n'a jamais existé dans druide et fluide. La synérèse est transcrite ds les dict. mod. de Passy 1914 à Lar. Lang. fr. et aussi ds Land. 1834, Gattel 1841 et DG. Ds Ac. 1694 et 1718, s.v. druyde; ds Ac. 1740-1932 sous la forme mod. Le fém. n'est attesté que ds les éd. de 1835-1932.
Étymologie et histoire
I. 1213 druide (Fet des Romains, éd. L.-F. Flutre et K. Sneyders de Vogel, t. 1, p. 221, 27).
II. 1727 druidesse (Dom Martin, Relig. des Gaulois, I, p. 91 ds DG). I empr. au lat. class. druida d'orig. gaul. (cf. irl. drui « sorcier » IEW, p. 215) rapproché d'apr. un passage de Pline (24, 103 ds TLL s.v., 2070, 67) du gr. δρυ̃ς « chêne » en raison des pratiques religieuses de ces prêtres (Bl.-W.5 ); v. aussi Dottin, p. 252 et 253 et Dottin Manuel, p. 363 ou de *druvids « très savant » composé d'un préf. intensif dru (v. Dottin, p. 252) et de l'irl. sui de *suvids « sage » (Thurneysen d'apr. Dottin Manuel, p. 363 et Holder). II dér. de I avec suff. -esse*.
II. 1727 druidesse (Dom Martin, Relig. des Gaulois, I, p. 91 ds DG). I empr. au lat. class. druida d'orig. gaul. (cf. irl. drui « sorcier » IEW, p. 215) rapproché d'apr. un passage de Pline (24, 103 ds TLL s.v., 2070, 67) du gr. δρυ̃ς « chêne » en raison des pratiques religieuses de ces prêtres (Bl.-W.5 ); v. aussi Dottin, p. 252 et 253 et Dottin Manuel, p. 363 ou de *druvids « très savant » composé d'un préf. intensif dru (v. Dottin, p. 252) et de l'irl. sui de *suvids « sage » (Thurneysen d'apr. Dottin Manuel, p. 363 et Holder). II dér. de I avec suff. -esse*.
Statistiques
Fréq. abs. littér. : 143.
Dérivés