Logo Portail
Définition du Trésor de la Langue Française (1960-1990)

DRILLE1

substantif masculin
A. —Vx. Soldat vagabond. Synon. soudard :
1. Au signal du plaisir, Dans la chambre du drille Tu peux bien entrer fille, Mais non fille en sortir. (Nerval, Faust, 1840, 2e part. p. 150)
B. —Familier
— Bon, joyeux drille. Bon, joyeux compagnon. Synon. gai luron, bon vivant. Ceux-ci [les Pénitents-Bleus] , qui étaient de bons et joyeux drilles lui firent un accueil enthousiaste [à Barnabé] (F. Fabre, Barnabé, 1875, p. 331).
— Pauvre drille (Ac. 1798-1932). Pauvre diable, misérable.
— (Plus ou moins) péj. Joyeux, vieux drille. Libertin. Lorsqu'elle était encor toute petite fille, Sa jeunesse tenta les désirs d'un vieux drille (Richepin, Chans. gueux, 1876, p. 52) :
2. — Et le vieux, qui est-ce? — Mick? C'est un brave homme, mais un joyeux drille. Je crois qu'il n'a jamais dessoûlé. Il a bu tout le bien qui lui venait de ses parents avec des drôlesses et, maintenant, il a fallu qu'il en épouse une, à son âge! (Cendrars, L'Homme foudroyé, 1945, p. 108)
Prononciation et orthographe
[dʀij]. Ds Ac. 1694-1932.
Étymologie et histoire
1. 1628 « soldat vagabond » (O. Chéreau, Le Jargon ou Lang. de l'arg. réformé, p. 33) — 1755, Saint-Simon ds Littré ;
2. 1680 « plaisant compagnon » (Rich. : bon drille). Se rattache peut-être à drilles « chiffon, guenille » : soit issu d'un syntagme tel que [soldat vêtu de] drilles, soit issu du m. fr. soudrille (xvie s., FEW t. 12, p. 53b), croisement de soudard* et de drilles*.
Statistiques
Fréq. abs. littér. : 20.
Bibliographie
Sain. Arg. 1972 [1907], p. 193, 278; Lang. par. 1920, p. 305; Sources t. 1 1972 [1925], p. 161, 351, 352; t. 2 1972 [1925], p. 137, 200, 201, 284; t. 3 1972 [1930], p. 61, 256, 257, 304, 307, 317. — Teppe (J.). Joyeux drille... Vie Lang. 1971, pp. 562-563. — Thurneysen 1884, pp. 97-98.