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Définition du Dictionnaire du Moyen Français (1330-1500)

EMPARLER

verbe
Emparler qqn (de qqc). Adresser la parole à qqn (à propos de qqc.), entretenir qqn (de qqc.).
Le docteur qui enparle gent De la nature de la gent Dist que ilz jugent plus sans peur Des aultrui vices que des leur. (Renart contref. R.L., t.2, 1328-1342, 37)
Tant leur dist le roy d'unes choses et d'autres, et tant les emparla doulcement, comme cil qui estoit moult soustis, que en la fin tuit li baron s'assentirent a faire la voulenté du roy, et jura chascun et fiança que bien et en paix il laisseroient le Rommain joïr du royaume sanz jamais aler a l'encontre en nulle guise (Bérinus, I, c.1350-1370, 181)
Et quant il la vit en si grant effroy, si la commença doulcement a emparler et lui dist: 'Gentilz damoiselle, n'aiez paour, car je vous asseüre en bonne foy que ja ne vous feray honte ne ennuy...' (Bérinus, I, c.1350-1370, 270)
Li rois Hermons si l'enparla, Entrues qu'elle sejournoit la, Et li compta le couvenant Ensi que je l'ai dit devant. (Froiss., Méliad. L., t.1, 1373-1388, 58)
...quant on l'emparloit de che voiage, il respondoit : 'Laiiés leur faire leur chemin : il se degasteront et perderont par eulx meïsmes...' (Froiss., Chron. R., IX, c.1375-1400, 275)
Et outre ce, please a vostre hautesse savoir que pur la matir de quoy je vous emparloie darrainement a vostre esteant a W., j'envoie devers vous un mon bienamé escuier (Lettres agn. L., 1397-1398, 332)
Remarque : Dans l'ex. suiv., peut-être simple agglutination de en et parler
Il respondoit en dissant : 'Crux Cristi, protege nos.' C'estoit tous li effrois que il en avoit, et lequel il respondoit à ceux qui l'emparloient ['qui lui en parlaient' ?] . (Froiss., Chron. R., X, c.1375-1400, 173)
Même chose ds l'ex. suiv.
...il me semble que vous avez maintenant belle occasion d'emparler à mon frere tout plainement (Lettres Louis XI, V., t.4, 1469-1472, 260)
Au figuré. participe passé. Emparlé. Préoccupé, inquiet.
De quoy estes vous emparlée, Esglantine, ma chiére amie ? Je vous voy com toute esbahie, Ne scé de quoy. (Mir. Oton, c.1370, 358)