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Définition du Dictionnaire du Moyen Français (1330-1500)

CHEVET

substantif masculin
A. -[Chevet du lit]
1.Tête du lit, partie du lit à la hauteur de la tête.
LA FILLE. A mon chevet ay ceste lettre Trouvé. (Mir. chan., c.1361, 177)
Ainsi sus mon chevés la mis [l'image de Toute Belle] Com vrai serf et loiaulz amis (Mach., Voir, 1364, 176)
Et ont volu savoir se il est verité que je aie vostre ymage ; et je l'ai moustree a leur message, bien et richement paree et mise haut au chevés de mon lit (Mach., Voir, 1364, 422)
Si ne vaus depuis aourer Sa belle ymage, ainçois l'ostai De mon chevés et la boutai Et mis en un petit coffret (Mach., Voir, 1364, 666)
...il vit et apperceut que un bon homme mist un sachet de cuir soubz le chevet d'un lit, ne sçavoit, il qui parle, la cause pourquoy. (Reg. crim. Chât., II, 1389-1392, 351)
...ne grant espee au chevet Ot (Chr. Piz., M.F., II, 1400-1403, 225)
...se leva de bon matin, et d'adventure il oblya ses brayes soubz le chevet du lit a l'espousée. (C.n.n., c.1456-1467, 333)
...et le jour à ceste cause se trouva le moïen de avoir les clefs par Perre Fefavre, qui les roba à son pere soubz son chevet (Simon De Phares, Astrol., c.1494-1498, f° 152 v°)
...print les clefz derier son chevet et ouvrit la prison (Simon De Phares, Astrol., c.1494-1498, f° 153 r°)
Aux deux costez du chevet de son lit On avoit mis deux grans carreaux d'or tret (La Vigne, V.N., p.1495, 168)
Faire des pieds le chevet. Avoir, à force de tourner dans le lit, les pieds à la place de la teste.
Puis, moy resveillé, j'enragoye Que je ne la veoie illec, Et mainte foys place changoye En faisant des pieds le chevet. (Amant cord. M., 1490, 22)
Faire (son) chevet de qqc. Utiliser qqc. comme oreiller.
Mais en itel pont m'atourna Gloutonnie quant on soupa, Que tout vestu me fist gesir, En l'aire rouffler et dormir. Si fis mon cauech sans mentir D'u gouspil c'on y escorscha (Jean De Le Mote, Voie d'enfer P., 1340, 64)
Elle print une pierre et sen chief y posa , La en fait sen cavech, et desus reposa De sy jusque au matin que ly solaux leva. (Belle Hélène Const. R., c.1350, 380)
Sy se coucha a terre faisant chevetz de sa main dextre, l'espee nue en l'autre main (Percef. III, R., t.1, c.1450 [c.1340], 10)
2.Par métonymie. Traversin placé à la tête du lit.
...un tapi vert contenant 11 aunes quarrées, délivré en ladicte chambre pour faire chevez au lit dudit seigneur (Comptes argent. rois Fr. D.-A., I, 1352, 113)
Et li roy commensa à rire, Qui moult volentiers l'escouta, Et sus son chevés s'acouta, Et li dist... (Mach., P. Alex., p.1369, 63)
Locution. Avoir la teste sur le chevet. Être proche de la mort.
...car puis qu'il a la teste sur le chevefz il ne peut vendre ne donner si non comme dit est dessus. (Cout. instit. Anjou Maine B.-B., t.2, 1437, 233)
Bas chevet. Tête par terre (?)', ou bien 'la tête dans la fosse du cimetière.
Par faulte d'un huys [à mon jardin] g'y perdiz Ung grez et ung manche de houe. Alors, huit faucons, non pas dix, N'y eussent pas prins une aloue : L'ostel est seur, mais qu'on le cloue. Pour enseigne y mis ung havet, Qui que l'ait prins, point ne m'en loue... Senglante nuyt et bas chevet ! (Villon, Test. R.H., 1461-1462, 87)
Remarque : R.H., Comment. Test., 148 ; Thiry, 170.
[Par ironie, dans un propos de bourreau]
Voustre cheveuz est il trop bas ? Vous fault il rien appareillez ? (Myst. st Vincent L., c.1471-1476, 455)
3.Par métaphore. Hausser à qqn le chevet devers qqn. Relever qqn devant qqn d'autre, le mettre en valeur devant qqn (?).
L'an mil CCCCXXVI mon dit seigneur le connestable tira devers le Roy et trouva monseigneur de Gyac qui bien lui avoit haulcé son chevetz devers le Roy, et ne vouloit point que nulle paix se fist entre le Roy et monseigneur de Bourgoingne, de paour de perdre son gouvernement (Gruel, Chron. Richemont L., c.1459-1466, 46-47)
B. -CONSTRUCTION Partie d'une église qui se trouve à la tête de la nef.
Item sus la maison Oudart Godinelle, au chevez Saint Gervais, six livres parisis (Phil. Vi Valois, Doc. paris. V., t.1, 1335, 232)
...leur maison assise en ladicte rue, où souloit pendre l'enseigne des Quatre fils Hemon, à l'opposite du chevet de Saint Benoist le Bien tourné (Comptes Paris V.L.D., t.1, 1440-1441, 242)