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Définition du dictionnaire le Littré (1873-1874, 1878)

DESTINÉ, ÉE

(dè-sti-né, née) participe passé
1.Qui a été ordonné par le destin, en parlant des choses.
« Écoutez, mes enfants ; vos noces ordonnées De tout temps ont été dans le ciel destinées » (Garnier, Bradamante, V, 6)
« Ce jour fatal destiné pour le jugement du monde » (Bourd., Avent, Jugement dernier, 319)
« Ces grâces n'ont point été destinées de Dieu pour vous fortifier » (Id., Carême, Tentations, 191)
« Sous l'ombre du plus saint mariage qui ait été destiné dans le ciel et qui ait été contracté sur la terre » (Fléch., I, p. 217)
Qui a reçu l'ordre du destin, en parlant des personnes.
« Ce Jésus était destiné pour une plus haute mission » (Bourd., Avent, Nativité de J. C. 413)
« Qu'y a-t-il de plus grand et de plus approchant de Dieu que d'être destiné pour la félicité publique et pour le bonheur de tout un empire ? » (Id., 2e dim. après Pâq. Dominic. t. II, p. 10)
2.Par extension, qui est déterminé par une sorte de destinée, en parlant des personnes et des choses. Un homme destiné à de grandes choses.
« Captive des ennemis de l'Église ; par conséquent destinée premièrement par sa glorieuse naissance et ensuite par sa malheureuse captivité, à l'erreur et à l'hérésie » (Bossuet, Duch. d'Orl.)
Qui a reçu emploi ou objet, en parlant des personnes. Jeune homme destiné au commerce.
Qui a reçu emploi ou objet, en parlant des choses. Bâtiment destiné à recevoir des malades.
« Il ne fallait pas remettre des supplices à une saison qui devait être toute destinée à la joie » (Voit., Lett. 9)
« Tout vice aura sa peine à lui seul destinée » (Corn., Imit. I, 24)
Absolument.
« Ils souffraient que toutes leurs heures fussent destinées [eussent une destination, un emploi marqué] » (Bossuet, Hist. III, 3)