Logo Portail
Définition du Trésor de la Langue Française (1960-1990)

DÉSHONORÉ, ÉE,

participe passé et adjectif
I. —Part. passé de déshonorer*.
II. —Emploi adj.
A. —[En parlant d'une pers.] Qui a perdu son honneur. L'homme déshonoré serait traîné devant le front des troupes, à la gloire du crime, à l'honneur du mensonge (Clemenceau, Vers réparation, 1899, p. 466) :
... et si quelque hasard devait m'arracher d'ici, dussé-je trouver Léon infidèle et déshonoré, je l'aimerais à côté de sa nouvelle épouse, je l'aimerais dans les fers honteux dont il serait chargé. (Soulié, Les Mémoires du diable, t. 1, 1837, p. 363)
Remarque : Est employé rarement comme subst. À propos de Michel N..., le déshonoré du cercle de la rue Royale (Goncourt, Journal, 1893, p. 396).
— Spéc.[En parlant d'une femme] En quelque rang qu'elle soit placée, une femme déshonorée se voit chassée du monde (Balzac, Langeais, 1834, p. 261). Elle [Fantine] passe, elle vous subit et elle vous ignore; elle est la figure déshonorée et sévère (Hugo, Misér., t. 1, 1862, p. 233).
B. —[En parlant d'un obj., d'un lieu] Qui a perdu son prestige, sa renommée. Au lieu de travailler à relever un drapeau déshonoré, pourquoi n'essaierait-il pas de planter vaillamment le sien sur le coffre-fort de M. Levrault? (Sandeau, Sacs, 1851, p. 23). Depuis longtemps, les touristes avaient abandonné ce séjour déshonoré (Tharaud, Fête arabe, 1912, p. 247).
Statistiques
Fréq. abs. littér. : 466. Fréq. rel. littér. : xixe s. : a) 976, b) 571; xxe s. : a) 600, b) 480.