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Définition du Trésor de la Langue Française (1960-1990)

DÉPOLIR

verbe transitif
Faire perdre son poli, son éclat à quelque chose. Cette lettre était toute trempée de larges gouttes de larmes. Elles avaient dépoli et durci le papier (Lamart., Raphaël, 1849, p. 317). Les vitres dépolies par la buée (A. Daudet, Tartarin de T., 1872, p. 107). L'acide fluorhydrique dilué peut servir à (...) graver et à dépolir le verre (C. Duval, Verre, 1966, p. 35).
— Emploi pronom. passif. Une glace qui se dépolit (Ac., 1835-1932). [Pierres] se dépolissant au feu d'oxydation (A. Pérès, Pierres et roches, 1896, p. 39).
Remarque : On rencontre ds la docum. Dépolissure, subst. fém. État d'une surface dépolie; partie dépolie d'une chose. Mes yeux, dans l'omnibus de Boulogne, se fermaient et quand ils se rouvraient, mal réveillés, une annonce, dans la dépolissure du verre d'un carreau, me semblait vraiment imprimée dans le firmament, en haut du ciel (Goncourt, Journal, 1896, p. 953).
Prononciation et orthographe
[depɔli:ʀ]. (je) dépolis [depɔli]. Ds Ac. 1718-1932.
Étymologie et histoire
1613 pronom. et trans. (César Nostradamus, Hist. de Provence, 90, 807, éd. de 1624 ds A. Delboulle, Notes lexicol. d'apr. Hug.). Dér. de polir*; préf. dé-*.
Dérivés

Dépolissage

substantif masculin
technol. Action d'ôter à une surface (notamment de verre ou de cristal) son poli, sa transparence. On peut mélanger, au sable de dépolissage, du grès, de la poudre d'acier ou autres métaux (C. Duval, Verre, 1966, p. 90). Rem. Le synon. dépolissement, subst. masc. est attesté ds la plupart des dict. du xixe s. (dep. Ac. Compl. 1842) ainsi que ds Lar. 20e -Lar. Lang. fr. — [depɔlisa:ʒ]. Ds Ac. 1878 et 1932. — 1re attest. 1809 (Arch. des découvertes et inventions nouvelles, I, 501 ds Quem.); du rad. du part. prés. de dépolir, suff. -age*.
Bibliographie
Quem. 2e s. t. 2 1971 (s.v. dépolissage).