DÉJUCHER
verbeA. —Emploi intrans. et pronom.[Correspond à déjuc; en parlant des oiseaux, et spéc. des volailles] Quitter le juchoir. Quand les canes déjuchent (, Violaine, 1re version, 1892, I p. 501).
Remarque : Littré et Lav. Diffic. 1892 font remarquer qu'on dit « les poules ont déjuché, pour marquer l'action de déjucher; et elles sont déjuchées, pour signifier l'état qui résulte de l'action de déjucher » (Lav. Diffic. 1892); en fait, il s'agit d'une oppos. entre emploi intrans. et trans. (au part. passé).
— Emploi subst. métaph. Au déjucher de. À la sortie de... [Le Consul : ] — ... Au déjucher du collège, pour employer un vieux mot très-pittoresque, l'abbé Loraux me prit dans sa cure et me fit faire mon Droit (, Honorine, 1843, p. 320).
Remarque : L'emploi subst. est absent des dict. consultés.
B. —Emploi trans.
1.[L'obj. désigne des volailles] Faire sortir du juchoir. Allez donc déjucher les poules (Ac., 1932).
— Au part. passé. Des poules déjuchées caquetaient, grattaient autour des tas de fumier (, Marcheloup, 1934, p. 36).
— Emploi pronom. à sens intrans. On entendait les frouements d'ailes des poules qui se déjuchaient (, Fatou Cissé, 1954, p. 143).
2.Au fig. et fam.[En parlant des hommes] Faire abandonner une retraite, un poste. Je vous déjucherai bien de là-haut (Ac., 1798-1932).
Prononciation et orthographe
[deʒyʃe], déjuche [deʒyʃ]. Ds Ac. 1694 s.v. desjucher; ds Ac. 1718-1932 sous la forme moderne.
Étymologie et histoire
Ca 1190 desjochier « faire descendre (les volailles du juchoir) » (Renart, éd. Martin, VI, 1479). Dér. de jucher*; préf. dé-*.
Statistiques
Fréq. abs. littér. : 1.