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Définition du Trésor de la Langue Française (1960-1990)

DÉHARNACHER

verbe transitif
Ôter le harnais de (un cheval, une bête de trait). Déharnacher un cheval de ses aigrettes (cf. Kahn, Conte, 1898, p. 228). Le cocher n'a pas encore déharnaché ses chevaux (Ac., 1798-1932) :
1. Les chevaux usbecks étant déharnachés, il [Michel] allait donc pouvoir prendre une certaine avance sur les cavaliers du détachement. (Verne, Michel Strogoff, 1876, p. 234)
— P. anal., en emploi pronom. réfl., fam. Se débarrasser d'un vêtement, d'un accessoire gênant ou encombrant. C'est sans doute à cause de son corset qu'elle tenait à se déharnacher (Huysmans, Là-bas, t. 2, 1891, p. 44). Porchon, sans hâte se déharnacha, secoua son képi ruisselant (Genevoix, Boue, 1921, p. 22) :
2. ... Numa ne pouvait empêcher Méjean de courir à ses visites (...) pas plus qu'il ne pouvait interdire à son huissier d'aller se déharnacher dans sa famille de son épée et de sa culotte courte. (A. Daudet, Numa Roumestan, 1881, p. 300)
Prononciation et orthographe
[deaʀnaʃe], (je) déharnache [deaʀnaʃ]. h aspiré ds Fér. 1768, Fér. Crit. t. 1 1787 (qui rejette l'orth. désharnacher), Littré et Passy 1914. Admis ds Ac. 1694 et 1718 s.v. desharnacher avec la rem. : « l'h s'aspire », alors que pour Fér. cette graph. empêche l'aspiration; ds Ac. 1740-1798 sous la forme mod. avec la même rem. pour h ; ds Ac. 1835-1932 sous la forme mod. sans précision pour h. Cf. déhanché et dé-1 .
Étymologie et histoire
1155 deshenechier « ôter les cordes qui retiennent les voiles » (Wace, Brut, éd. I. Arnold, 11210); 1380 desharnaquier [un cheval] (S. Mauvis, A.N. MM 30, f° 155 r° ds Gdf. Compl.); 1534 desarnacher (J. Calvin, La Bible française, Genèse, 21 (LVI, 35) ds Hug.). Dér. de harnacher*; préf. dé-*.
Statistiques
Fréq. abs. littér. : 1.
Dérivés

Déharnachement

substantif masculin
Action de déharnacher. Le déharnachement de ses chevaux l'a empêché de venir plus tôt (Ac., 1798-1932). P. métaph., littér. Le déharnachement de tendresse et d'amour Sur le parvis commun posait une humble trêve (Péguy, Ève, 1913, p. 820). — [deaʀnaʃmɑ̃]. h aspiré ds Gattel 1841, Littré et Passy 1914. Admis ds Ac. 1798 (avec la rem. : « l'h s'aspire ») 1932. — Cf. dé-1 . — 1re attest. 1671 (Pomey); de déharnacher, suff. -ment1 *. — Fréq. abs. littér. : 3.