DÉBUCHER2
verbeA. —Emploi intrans.,CHASSE.[Le suj. désigne un animal] Quitter le refuge du bois sous le harcèlement des chasseurs et arriver en terrain découvert :
L'animal s'est fait battre pendant plus de quatre heures (...) Imaginez qu'il a débuché un instant en plaine. Il avait repris un peu d'air... (, Son Excellence E. Rougon, 1876, p. 180)
— P. métaph.[Le suj. désigne une pers.] Apparaître, surgir de façon inattendue. Ils [César ou Napoléon] débuchent toujours par les chemins impraticables où la vieille stratégie ne les attendait pas (, Homme pressé, 1941, p. 110).
B. —Emploi trans.
1.CHASSE.[Le compl. désigne un animal] Chasser (une bête) hors d'un refuge boisé (notamment en faisant du bruit). (Quasi-) synon. débusquer. Pour débûcher les lièvres, on battait du tambour (, Trois contes , St Julien l'Hospitalier, 1877, p. 90). Le chien qui les débuche, elle [la laie] et ses marcassins, dans leur nid de ronces si serré qu'on ne le traverserait pas (, Gaspard, 1925, p. 170).
2.[Le compl. désigne une pers.] Trouver, faire sortir de sa cachette. Faut-il que j'aille moi-même te débucher, dit Éronice (, Comme une fantaisie, 1918, p. 251).
— P. métaph. Je me cogne à une brouette, et mon cœur débuché bat, bat (, Croix de bois, 1919, p. 137). Le prêtre contemplait la proie misérable, débuchée entre mille, désormais sans défense, si pareille à une bête épuisée (, Imposture, 1927, p. 475).
Prononciation et orthographe
[debyʃe], (je) débuche [debyʃ]. Ds Ac. 1718, s.v. desbucher; ds Ac. 1740, s.v. débûcher (cf. aussi ds Besch. 1845); ds Ac. 1762-1932 sous la forme moderne.
Étymologie et histoire
A. Verbe.
1. ca 1130 intrans. « sortir d'une cachette » (Le Couronnement de Louis, éd. E. Langlois, 1892); 1205-50 « sortir du bois en parlant du gros gibier » (Renart, éd. Martin, XIII, 434);
2. 1re moitié xiiie s. trans. « faire sortir (qqn) de sa cachette » (Hunbaut, 3234 ds T.-L.); 1636 « faire sortir une bête de son gîte » (Monet).
B. Subst. 1740 chasse (Ac.). Dér. de bûche* d'apr. le sens « bois, forêt » que ce mot a dû posséder; préf. dé-*; dés. -er.
1. ca 1130 intrans. « sortir d'une cachette » (Le Couronnement de Louis, éd. E. Langlois, 1892); 1205-50 « sortir du bois en parlant du gros gibier » (Renart, éd. Martin, XIII, 434);
2. 1re moitié xiiie s. trans. « faire sortir (qqn) de sa cachette » (Hunbaut, 3234 ds T.-L.); 1636 « faire sortir une bête de son gîte » (Monet).
B. Subst. 1740 chasse (Ac.). Dér. de bûche* d'apr. le sens « bois, forêt » que ce mot a dû posséder; préf. dé-*; dés. -er.
Statistiques
Fréq. abs. littér. : 12.