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Définition du Trésor de la Langue Française (1960-1990)

DÉBLATÉRER

verbe intransitif
Fam. Parler avec violence et prolixité contre quelque chose ou contre quelqu'un.
A. —[Construit avec une prép.]
1.Cour.[Avec la prép. contre] Il a passé deux heures à déblatérer contre moi (Ac., 1798-1932) :
... Costals était pénétré. Sur ce sujet, il était intarissable. Pendant cinq minutes, sans reprendre haleine, il déblatéra contre le mariage des écrivains, sans mesure, et, disons-le, sans bon goût. Vérités, demi-vérités et sophismes se pressaient sur ses lèvres, mêlés à d'âcres sarcasmes. (Montherlant, Les Jeunes filles, 1936, p. 965)
2.Rare.[Avec la prép. sur] Ils déblatérèrent sur les ivrognes, puis se turent (Huysmans, Marthe, 1876, p. 45).
B. —En emploi abs. Il [Logre] déblatérait, il déclarait que ce n'était pas possible de continuer comme cela (Zola, Ventre Paris, 1873, p. 750). La radio déblatère toujours (H. Bazin, Tête contre murs, 1949, p. 363).
Remarque : Rob. et Lar. 20e attestent un emploi trans. dir. : déblatérer des sottises. Lar. 20e, où le régime est un compl. d'obj. interne. Un tel emploi est rare quoique « correct » (déblatérer contre, sur des sottises aurait un autre sens); il est prohibé par la gramm. traditionnelle lorsqu'il s'agit d'un compl. autre qu'interne. « Déblatérer (...) n'admet pas d'objet direct et appelle la préposition contre (parfois sur)  » (Grev. 1969, § 599, rem. 8, p. 540).
Prononciation et orthographe
[deblateʀe], (je) déblatère [deblatε:ʀ]. Ds Ac. 1798-1932. Fait partie des verbes qui changent [e] fermé en [ε] ouvert devant syll. muette.
Étymologie et histoire
1798 (Ac.). Empr. au lat. class. deblaterare « dire en bavardant à tort et à travers » (de blaterare, d'orig. onomat.).
Statistiques
Fréq. abs. littér. : 57.