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Définition du Trésor de la Langue Française (1960-1990)

CUIVRÉ, ÉE,

participe passé et adjectif
I. —Part. passé de cuivrer*
II. —Adjectif
A. —[Correspond à cuivre I B; en parlant d'un inanimé concr.] Qui est fabriqué en cuivre, tout ou partie. La vieille jument blanche, couverte déjà de son harnais cuivré (Châteaubriant, Lourdines, 1911, p. 78).
B. — Qui a certaines qualités du cuivre.
1. Qui a la couleur du cuivre.
a)[En parlant d'une pers.] Un beau garçon, cuivré comme un mulâtre (Soulié, Mém. diable, t. 2, 1837, p. 130).
— Emploi subst. Des femmes mauresques, des belles cuivrées à peine vêtues (Loti, Spahi, 1881, p. 320).
b)[En parlant d'un inanimé concr.] La clarté des nuages cuivrés traînait en reflets louches (Zola, Fortune Rougon, 1871, p. 309).
— Emploi subst. Le noir de ses cheveux et le cuivré de son teint (Goncourt, Journal, 1888, p. 803).
2. Qui a l'éclat sonore du cuivre. Leurs battements [des cloches] secs et cuivrés (Flaub., Champs et grèves, 1848, p. 238) :
Dans le feuillage des peupliers, obéissant à un signal invisible, une multitude d'oiseaux se mirent à chanter à plein gosier, ce fut une petite rafale cuivrée d'une violence extraordinaire, et puis ils se turent, mystérieusement. (Sartre, La Mort dans l'âme, 1949, p. 43)
3. Qui a le goût du cuivre. L'eau-de-vie blanche, encore un tantinet cuivrée, que l'on mêle au café pour le parfumer (Pesquidoux, Chez nous, 1923, p. 99).
Étymologie et histoire
1. 1587 « de cuivre » (J. du Chesne, Grand miroir du monde, L. II, p. 44 ds Hug.); 1730 ouvrage cuivré « fausse dorure, avec du cuivre en feuille » (Savary des Bruslons, Dict. Univ. de commerce);
2. 1777 « qui a la couleur du cuivre » (Lescallier, Vocab. des termes de mar. ds Fr. mod. t. 25, p. 309);
3. 1848 « qui a la sonorité métallique du cuivre » (Flaubert, loc. cit.). Dér. de cuivre*; suff. -é*.
Statistiques
Fréq. abs. littér. : 136.